Cet article est divisé en plusieurs pages :
- Introduction
- Le Coran est un texte arabe de la Bible
- Les principes de l’étude
- Les points de litige
- Les principaux points de rencontre entre le Coran et l’Évangile
- Invitation à la réflexion
1. Les principaux points de rencontre entre le Coran et l’Évangile
Le grand point d’accord entre la Bible et le Coran est la révélation du Dieu Unique, le Créateur de l’Univers. Par ailleurs, le principal témoignage du Coran en faveur de l’Évangile est la confirmation que Jésus est vraiment le Messie. Si le Coran n’avait pas attesté cette vérité évangélique fondamentale, il n’aurait été ni sincère ni véridique. C’est particulièrement ce témoignage qui confondit les Juifs, suscitant leur haine contre Muhammad, d’autant plus que le Coran se présente comme une confirmation du message évangélique dans sa totalité. Or, l’Évangile est un livre banni par les Juifs, les Athées et les Païens.
Si le Coran avait affirmé que Jésus n’était pas le Messie, les Juifs n’auraient pas combattu Muhammad et cela aurait justifié leur attente d’un Messie sioniste connu dans l’Évangile sous le nom d’Antichrist. Nous aborderons ce sujet en parlant du Messie.
Les principaux points de rencontre entre le Coran et l’Évangile sont les suivants:
- Le Messie.
- La Vierge Marie.
- La Table Céleste.
- L’Esprit (Saint).
1.1. Le Messie
La première et grande vérité révélée par le Coran aux Arabes est l’existence d’un seul Dieu.
La deuxième vérité fondamentale est que Jésus est vraiment le Messie envoyé par Dieu et annoncé par les prophètes de l’Ancien Testament. Comme déjà mentionné, c’est la révélation de cette vérité par le Coran qui irrita les Juifs et les empêcha de porter leur appui au Coran. Car en reconnaissant le Coran ils auraient dû renoncer à l’attente d’un Messie sioniste.
Voici les versets coraniques qui confirment que Jésus est le Messie, le Prophète de Dieu, la Parole de Dieu et l’Esprit de Dieu:
«Ô Marie: Dieu t’annonce la bonne Nouvelle d’un Verbe émanant de Lui: Son nom est le Messie Jésus Fils de Marie…» (Coran III; la Famille d’Imram,45)«… et parce qu’ils (les Juifs) ont dit: nous avons tué le Messie, Jésus, fils de Marie, le Prophète de Dieu…» (Coran IV; les Femmes,157)
«Le Messie, Jésus, Fils de Marie est le Prophète de Dieu, sa Parole qu’Il a jetée en Marie, un Esprit émanant de Lui.» (Coran IV; les Femmes,171)
«Dis: Qui donc pourrait s’opposer à Dieu, s’Il voulait anéantir le Messie fils de Marie, ainsi que sa Mère…» (Coran V; la Table,17)
Si les Juifs acceptaient le messianisme de Jésus, ils n’attendraient plus leur Messie sioniste et, par conséquent, devraient renoncer de ce fait au sionisme et à l’État d’Israël qui incarne les idéaux sionistes. Les Juifs ont rejeté Jésus comme Messie par le passé et continuent de le faire parce qu’Il condamne l’établissement d’une entité politique au nom du judaïsme. St Jean rapporte dans son Évangile que Jésus, voyant les foules se précipiter vers Lui pour le proclamer roi d’Israël, s’enfuit vers la montagne tout seul (Jean 6,14-15). Jésus enseigna encore que le royaume de Dieu était à l’intérieur de l’homme (Luc 17,20-21), non à l’extérieur dans le monde politique comme les Juifs et tant d’autres le croient encore aujourd’hui.
Douze siècles avant Jésus, Gédéon, un chef militaire, avait, lui aussi, décliné la royauté que lui offraient les Juifs:
«Les gens d’Israël dirent à Gédéon: ‘Règne sur nous, toi, ton fils, et ton petit fils, puisque tu nous as sauvés de la main de Madian’. Mais Gédéon leur répondit: ‘Ce n’est pas moi qui régnerai sur vous, ni mon fils non plus, car Dieu est votre Roi.’» (Juges 8,22-23)
Par la suite, le Prophète Samuel avait annoncé le rejet par Dieu d’un royaume israélien (1 Samuel 8). Mais les Juifs, de longue date, avaient aspiré à un empire sioniste par le truchement d’un royaume israélien en Palestine. Ils ont ignoré les commandements de Dieu et sa volonté proclamés par le Prophète Samuel (1 Samuel 8,19).
En refusant l’établissement d’un royaume israélien, le Messie révèle le but spirituel, non politique de la religion juive et de toute religion. Ceci n’exclut pas l’exercice d’une activité politique par des croyants. Au contraire, il est préférable que des croyants prennent les rênes du pouvoir afin d’instaurer des réformes sociales et morales au service de la société. Mais politiser le spirituel en créant, au nom de la religion, un nouvel État, comme le veulent certains Juifs, Chrétiens et Musulmans, est contraire au plan de Dieu. Car Dieu est pour les croyants, mais l’État est pour tous, croyants et incroyants et, comme dit le Coran:
«Pas de contrainte en religion.» (Coran II; La Vache,256)
Une telle Révélation aurait dû être écrite en lettres d’or.
La foi en Jésus comme Messie est le sommet de l’enseignement évangélique:
«Nul ne peut dire: ‘Jésus est Seigneur’ (c-à-d qu’il est le Messie), que sous l’action de l’Esprit Saint.» (1 Corinthiens 12,3)«Quiconque croit que Jésus est le Messie, est né de Dieu.» (1 Jean 5,1)
Jésus Lui-même avait dit aux Juifs qui complotaient contre lui:
«Si vous ne croyez pas que Je suis (le Messie), vous mourrez dans vos péchés.» (Jean 8,24)
Il y a lieu de relever un autre verset coranique témoignant de Jésus comme le Messie attendu:
«Ils ont pris leurs docteurs (les Rabbins juifs) et leurs moines (les Chrétiens) ainsi que le Messie, fils de Marie, comme seigneurs, au lieu de Dieu. Mais ils n’ont reçu l’ordre que d’adorer un Dieu unique. Il n’y a de Dieu que lui!» (Coran IX; Le Repentir,31)
Ce verset, qui témoigne que Jésus, le «fils de Marie» est le Messie, est souvent mal interprété par certains qui y voient une négation de la divinité du Messie. Tel n’est pas l’intention du Coran qui se présente comme confirmant l’inspiration évangélique (Coran IV; Les Femmes,47) Or, l’Évangile révèle la divinité incarnée en la personne de Jésus. (Voir chapitre «Les Points de Litige», partie 3: «La Divinité du Messie»). Il ne faut donc pas prendre comme Seigneur et Dieu le Fils de Marie AU LIEU de Dieu, mais EN TANT que Dieu incarné annoncé par les prophéties bibliques. Autrement l’on adorerait deux dieux indépendants l’un de l’autre: Dieu d’une part et le Messie d’une autre quand «ils n’ont reçu l’ordre que d’adorer un Dieu unique». À noter que le mot «seigneurs» est mis au pluriel indiquant un polythéisme. Cette subtilité n’est pas perçue par tous les interprètes du Coran qui ne se sont pas donnés la peine d’interprèter par «le meilleur des arguments» comme le prescrit le Coran au chapitre XXIX; L’Araignée,46.
Par ailleurs, l’Inspiration évangélique nous met en garde contre l’apparition du faux messie sioniste appelé l’Antichrist par St Jean:
«Vous avez entendu dire qu’un Antichrist doit venir… Celui qui nie que Jésus est le Christ: le voilà l’Antichrist.» (1 Jean 2,18-22)
Nous savons que les Juifs nient que Jésus soit le Messie, particulièrement les Sionistes.
Que conclure de ces paroles évangéliques? Nous en tirons deux conclusions:
- Muhammad, en reconnaissant Jésus comme Messie est inspiré par l’Esprit Saint et il «est né de Dieu».
- Tous ceux qui nient que Jésus est le Messie, c’est-à-dire les Juifs qui le refusent et attendent un autre messie, forment ensemble la personne morale de l’Antichrist. En somme, l’État moderne d’Israël incarne les puissances de l’Antichrist.
L’Inspiration évangélique révèle que Jésus anéantira lui-même l’Antichrist quand ce dernier apparaîtra. Selon St Paul, l’Avènement du Messie sera précédé de l’apparition de «l’Homme Impie», de «l’Ennemi», que le Messie, Jésus, anéantira par la splendeur de sa venue (2 Thessaloniciens 2,3-12) L’impiété annoncée par St Paul est le comportement impie et raciste des Sionistes, Dieu étant universel, non-raciste. «L’Homme Impie», le «Fils de la Perdition» et «l’Ennemi» dont parle St Paul, est l’homme sioniste, dont la conduite ne plaît pas à Dieu et le rend «ennemi de tous les hommes» comme l’explique Paul (1 Thessaloniciens 2,15).
Par le passé, les Juifs sionistes ont travaillé secrètement sous l’Empire Romain pour fonder l’État d’Israël. Ils en furent empêchés par les Romains. À présent, l’apparition de cet État leur permet de s’activer ouvertement et avec plus de puissance qu’autrefois pour étendre leur influence. Aujourd’hui, cette puissance antichrist est armée par des alliés qui prétendent être disciples de Jésus. En cela réside la séduction et la trahison de la fin des temps prédites par l’Évangile (Matthieu 24).
Le Prophète Muhammad a parlé dans ses «Nobles Discussions» de l’apparition de cette force d’impiété en disant que l’Antichrist aura inscrit sur son front, trois lettres «K. F. R.» Ces lettres en arabe forment le mot «Kufr» qui signifie impiété ou blasphème. Il spécifia même que cette force du mal émanait des Juifs. Dans l’Inspiration évangélique, nous retrouvons ces mêmes blasphèmes inscrits sur la tête de la «Bête» apocalyptique:
- Il fut donné à cette bête «de proférer des paroles d’orgueil et de blasphème.» (Apocalypse 13,5)
- «Je vis… une Bête écarlate, couverte de titres blasphématoires… sur son front un nom était inscrit: MYSTÈRE.» (Apocalypse 17,1-5) Voir le texte: «La Clé de l’Apocalypse».
Le Prophète Muhammad confirmant St Paul, a également souligné dans ses «Nobles Discussions» que, lors de l’apparition de l’Antichrist, Jésus et ses élus se lèveront pour le combattre et le détruire. Les disciples de Jésus aujourd’hui, selon l’intention de l’Inspiration et des prophéties divines, ne sont pas les Chrétiens traditionnels qui collaborent avec Israël et le soutiennent. Ce coupable soutien «chrétien» à Israël a également été prophétisé, car selon l’Évangile, l’Antichrist séducteur parviendra à séduire les faux disciples de Jésus (Matthieu 24). De nos jours, les vrais croyants sont les assoiffés de Justice, qui subissent le poids de l’iniquité sioniste, résistant à Israël et au sionisme international.
Selon les prophéties évangéliques et celles du Prophète Muhammad, l’État d’Israël disparaîtra à jamais. Sa chute sera le symbole de la faillite du sionisme et de toute mentalité matérialiste équivalente. Par cet événement, beaucoup réaliseront que Jésus est vraiment le Messie et que son Royaume est à jamais bien établi sur terre selon l’annonce des prophètes.
1.2. La Vierge Marie
Le Coran contient les plus beaux versets à propos de la Vierge Marie. Il place la Mère du Messie au plus haut sommet de la sainteté humaine:
«Les anges dirent: Ô Marie! Dieu t’a choisie: Il t’a purifiée, Il t’a choisie entre toutes les femmes de l’univers.» (Coran III; Famille d’Imran,42)
Ce témoignage condamne les Juifs qui, comme le révèle le Coran, ont inventé contre Marie des calomnies atroces (Coran IV; les Femmes,155) Dieu, dans l’Inspiration coranique, atteste ce qu’il a inspiré dans l’Évangile à propos de Marie:
«Tu es bénie entre toutes les femmes.» (Luc 1,42)
Le Coran révèle également l’exceptionnelle pureté de Marie et sa Conception Immaculée ainsi que celle de Jésus. Dans les deux versets suivant, la femme d’Imran, c’est-à-dire la mère de Marie (la Famille d’Imran sont les parents de Marie) prie en disant:
«Seigneur, je T’ai voué le fruit de mon sein: agrée-Le car Tu entends et connais tout. Lorsqu’elle eut enfanté, elle dit: Seigneur, j’ai mis au monde une fille et je l’ai nommée Mariam (Marie) je la mets sous Ta protection, elle et sa postérité (Jésus), afin que Tu les préserves des ruses de Satan.» (Coran III; Famille d’Imran,35-36)
Dieu écouta la prière de la mère de Marie et exauça son voeu: Marie et Jésus furent seuls protégés du démon, ainsi que le rapporte Muhammad dans ses «Nobles Discussions»:
«Nul homme ne naît sans que le diable l’atteigne dès sa naissance et il crie à cause de cette atteinte satanique (tare du péché originel), à l’exception de Marie et de son fils.»
Ce verset des «Nobles Discussions» est rapporté dans l’interprétation du «Jalalein» du verset 35 de la Sourate de la Famille d’Imran ; c’est un hadith rapporté par Abi Houraira, voir http://www.el-ilm.net/t1333-maryam-bint-imran. Il est aussi rapporté de façon légèrement modifiée par Al Bokhari, voir «L’authentique tradition musulmane, choix de hadiths», Fasquelle, p.48.
Ces paroles, acceptées par tout le monde musulman, sont une reconnaissance de l’Immaculée Conception de Marie.
Par ces propos, le Prophète Muhammad nous apprend que tout homme, y compris les Prophètes et lui-même, naissent avec cette tare, à l’exception de l’Immaculée Marie et, naturellement, de son Fils, le Messie.
1.3. La Table Céleste
Le Coran nous révèle que Dieu fit descendre du Ciel une «Table» servie pour nourrir les Apôtres de Jésus. Cette nourriture céleste est un point commun entre la Bible et le Coran, un point ignoré de la grande majorité des croyants. Il s’agit de la communion au Corps et au Sang du Messie, Table spirituelle de Dieu. En effet, le Coran rapporte pédagogiquement, sous une forme imagée et condensée, le dernier Repas pascal que Jésus partagea avec ses Apôtres et au cours duquel Il institua le Repas spirituel par son Corps et son Sang. Ce fait est rapporté par le Coran de manière subtile, en respectant l’ignorance du monde arabe d’alors du message évangélique:
«Les Apôtres dirent: Ô Jésus fils de Marie, Ton Seigneur peut-Il faire descendre du Ciel sur nous une Table (servie)? Il dit: Craignez Dieu si vous êtes croyants. Ils dirent: Nous voulons en manger et avoir nos coeurs rassurés, savoir que Tu nous as dit la vérité, et en être les témoins (témoins de la Table) Jésus fils de Marie dit: Ô Dieu notre Seigneur, fais descendre sur nous du Ciel une Table (servie) Elle sera pour nous une fête - pour le premier et le dernier des nôtres - et un Signe de Toi et entretiens-nous (nourris-nous), Toi, le meilleur des nourriciers. Dieu dit: Je la fais descendre sur vous. Celui donc parmi vous qui sera incrédule après cela, Je le ferai souffrir d’une souffrance dont Je n’ai encore fait souffrir personne de par les mondes.» (Coran V; La Table,112-115)
En quoi consiste cette Table (servie) descendue du Ciel? Il est important d’en connaître la vraie nature puisque les Apôtres s’engagèrent à «en être témoins». De plus, ce témoignage doit durer jusqu’au dernier croyant sur Terre, puisque Jésus réclame cette Table de Dieu afin qu’Elle soit «une fête pour le premier et le dernier d’entre nous». Alors Dieu La fit descendre menaçant les incrédules du plus dur des châtiments.
Certains interprètes voient dans cette Table une nourriture matérielle constituée de poissons ou de viande. Ils confondent ainsi entre le miracle matériel de la multiplication des pains et des poissons opéré par Jésus et rapporté par l’Évangile (Jean 6), et le miracle du Repas Spirituel, celui de la Table spirituelle «qui descend du Ciel» comme le précise le Coran.
L’Évangile rapporte, au chapitre 6 de St Jean, les paroles du Messie à propos de ce Repas spirituel d’une importance vitale. Il avait dit que «sa chair et son sang» étaient une nourriture et un breuvage spirituels qui donnaient «la Vie éternelle» aux croyants. Beaucoup de ses disciples, en écoutant ces paroles, les trouvèrent «trop fortes» et s’éloignèrent de Lui (Jean 6,48-66). Aujourd’hui encore beaucoup de «croyants» refusent ces paroles et se demandent «comment cet homme peut-il nous donner sa chair à manger!» (Jean 6,52).
Les Juifs, après des siècles de préparations, n’ont pu comprendre Jésus. Beaucoup de prétendus Chrétiens, aujourd’hui encore, ne saisissent pas le sens profond de ses paroles. Comment alors expliquer ce Repas Spirituel, cette Table servie, aux Arabes de la péninsule Arabique qui ignoraient tout de la Bible? Le Coran se devait donc de présenter le message biblique par insinuations et paraboles afin de susciter chez les Arabes épris de vérité, une sainte curiosité aboutissant à la recherche du sens profond de ce message dans l’Évangile. Là, ils trouveront la plénitude de la lumière concernant le mystère de la Table coranique qui descend du Ciel. Comme nous l’avons dit, beaucoup trouvent ce fait difficile à croire; c’est une affaire «à croire ou ne pas croire! À prendre ou à laisser». À chacun sa responsabilité.
Certains interprètes prétendent que cette Table servie n’a pas encore été envoyée par Dieu. Ceci ne correspond pas aux paroles coraniques: «Dieu dit: Je La fais descendre sur vous». Dieu l’a donc déjà faite descendre sur les Apôtres autrefois, menaçant même les incrédules d’une souffrance inégalée. En outre, Jésus La demanda à Dieu pour qu’en témoignent «le premier et le dernier» des croyants. Les premiers Apôtres y avaient donc déjà participé. Elle doit demeurer jusqu’à la fin des temps, pour qu’en témoignent les derniers croyants sur Terre.
Le Messie donna aux Apôtres cette «Table servie» qui descend du Ciel. Elle est ce «Pain de vie qui descend du Ciel» (Jean 6,32-36). Jésus donna ce Pain du Ciel un an après en avoir parlé. Cela se passa durant le dernier Repas pascal qu’Il eut avec ses Apôtres quand, prenant du pain, Il le leur donna en disant:
«Prenez et mangez: ceci est mon Corps livré pour vous. Puis prenant une coupe Il la leur présenta en disant: Buvez en tous, ceci est mon Sang, le Sang de la Nouvelle Alliance, versé pour vous et pour beaucoup, pour la rémission des péchés.» (Matthieu 26,26-29)
C’est alors que les Apôtres, et les croyants après eux, comprirent comment le Messie se donne à eux comme nourriture et boisson. Le Repas, la Table servie, que le Messie vivant offre au «premier et au dernier» croyant est l’Esprit Saint. Celui-ci demeure dans le coeur des croyants par ce Pain qu’ils mangent et ce Vin qu’ils boivent et qui contiennent le Corps, le Sang et l’Ame du Messie éternellement vivant.
Cette Boisson céleste est celle mentionnée dans le Coran au chapitre Les Fraudeurs: ceux qui boivent de ce Vin rare sont les purs, les élus de Dieu, et ceux qui refusent d’en boire sont les damnés. Le Coran révèle en effet:
«Les purs sont dans le bonheur; étendus sur leur couche, ils observent tout autour d’eux. L’on reconnaît sur leur visage l’éclat du bonheur. Ils sont abreuvés d’un vin cacheté, son cachet est de musc et c’est là que doivent entrer en compétition les compétiteurs. Son mélange est l’eau de Tasnîm, une source céleste à laquelle s’abreuvent les rapprochés de Dieu. Les criminels (ceux qui refusent d’en boire) se moquaient de ceux qui ont cru (en ce vin scellé)…» (Coran LXXXIII; Les Fraudeurs,22-29)
Le Coran, en offrant aux croyants d’une manière poétique et harmonieuse, ce mystérieux «Vin cacheté», témoigne en faveur des paroles de Jésus dans l’Évangile de Jean à propos du «Pain cacheté» lui aussi, la nourriture scellée par Dieu, qui descend du Ciel, à savoir Jésus Lui-même, «car c’est Lui que le Père, Dieu, a marqué (cacheté) de son sceau» (Jean 6,27). Cette nourriture céleste se trouve dans le Pain et le Vin qui sont généreusement servis sur la Table Céleste de Dieu qui descend continuellement du Ciel.
Rappelons ce que Jésus dit au chapitre de la Table (servie):
«Ô Dieu Notre Seigneur, fais descendre sur nous du Ciel une Table (servie), elle sera pour nous une fête, pour le premier et le dernier des nôtres, et un signe de Toi…» (Coran V; La Table,114)
Ceci signifie que la Table descendue ne le fut pas pour les Apôtres seulement; elle continue de descendre tous les jours, et en tout lieu, pour être une fête «pour le premier et le dernier», donc pour les croyants de tous les lieux jusqu’au dernier croyant, jusqu’au jour de la Résurrection et Elle témoignera éternellement devant Dieu en faveur de ceux qui auront témoigné pour Elle sur Terre.
La Table servie et ce Vin divin scellé de musc qui descendent du Ciel, ont pour but de séparer l’humanité en deux: d’une part les élus de Dieu, ceux qui se nourrissent de cette Table, et de l’autre les damnés qui refusent de s’en nourrir et se moquent de ceux qui y croient.
Enfin, il faut signaler un fait de la plus haute importance, à savoir que le divin Coran incite les croyants à entrer en compétition vers cette Boisson mystérieuse qui descend du Ciel (Coran LXXXIII; Les Fraudeurs,26). Celle-ci diffère totalement des boissons alcoolisées du monde d’ici-bas. Que tous ceux qui refusent ce Vin divin, s’arment donc de Sagesse. Que ceux qui se moquent des croyants qui s’y précipitent en «compétition», se ressaisissent avant qu’il ne soit, pour eux, trop tard.
1.4. L’Esprit
Le monde islamique n’a de l’«Esprit» qu’une notion vague. Ce mot revient souvent dans le Coran sans que son essence ne soit clarifiée. Les croyants sont ainsi portés à se demander ce que signifie exactement ce mot. Nous trouvons dans le chapitre XVII, Le Voyage Nocturne,85:
«Ils t’interrogent au sujet de l’Esprit. Dis: l’Esprit est du ressort de mon Seigneur. Et vous n’avez reçu (dans le Coran) que peu de science.» (Coran XVII, Le Voyage Nocturne,85)
C’est d’après une sagesse divine que le Coran cache aux Musulmans ce qu’est l’Esprit. Dieu a voulu que Sa Révélation coranique soit une porte ouverte et un passage vers la Bible notamment vers l’Évangile, comme Il a voulu que le Coran soit un témoignage attestant la véracité de la Révélation biblique, comme expliqué auparavant.
Dans le Coran, la question de l’Esprit est similaire à celle de la «Table» que Dieu fit descendre du Ciel sur les Apôtres. Le croyant ne peut en comprendre la signification qu’en ayant recours à la Bible. En effet, le Coran lui-même incite le croyant à consulter la Bible et les gens de la Bible. Nous lisons dans le chapitre «Jonas»:
«Si donc tu (Muhammad) es en doute sur ce que Nous avons fait descendre vers toi, interroge alors ceux qui dès avant toi lisent le Livre (Bible) Certes la Vérité t’est venue de ton Seigneur, ne sois donc point dans le doute.» (Coran X; Jonas,94)
Le Coran paraît ainsi un passage vers la Bible. Là, les croyants trouveront l’éclaircissement de ce qui a été partiellement révélé dans le Coran. Ce dernier, en effet, déclare clairement qu’il n’offre aux Arabes, ignorant à l’époque, qu’une partie de la science seulement, voire «peu de science» dont le complément se trouve dans la Bible:
«Vous n’avez reçu (dans le Coran) que peu de science.» (Coran XVII; Le Voyage Nocturne,85)
Ceux qui dénigrent la Bible font partie de «ceux qui doutent» (Coran X; Jonas,94). Mais le croyant qui se veut ouvert à l’ensemble de la Révélation divine trouvera dans la Révélation biblique la réponse à la signification du mot «Esprit»: c’est l’Esprit Saint de Dieu, Dieu lui-même qui envoya son Esprit éternel aux prophètes depuis Abraham, puis s’est incarné dans le sein de la Vierge Marie comme Dieu le révéla dans la Bible et le Coran.
L’Évangile rapporte en effet:
«… Marie dit à l’ange: ‘Comment cela sera-t-il, puisque je ne connais pas d’homme?’ L’ange lui répondit: ‘L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très Haut te prendra sous son ombre; c’est pourquoi l’Être saint qui naîtra sera appelé Fils de Dieu’.» (Luc 1,34-35)
De même, nous lisons dans le Coran:
«Le Messie fils de Marie est l’Envoyé de Dieu et Sa Parole jetée en Marie et un Esprit émanant de Lui.» (Coran IV; Les Femmes,171)
Par ailleurs, lorsque les envoyés du Prophète Muhammad se présentèrent devant le Négus pour lui expliquer les enseignements du Prophète, Jaafar-Ibn-Abi-Taleb répondit que Jésus «est le Serviteur de Dieu, son Envoyé, son Esprit et sa Parole jetée en la Vierge Marie».