Regard de Foi sur le Coran

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1. Les points de litige

Dans ce chapitre, nous examinerons les points de litige les plus importants, objets de discussions entre les différentes confessions. Celles-ci abordent, sans effort sincère, la recherche de l’unité de l’Inspiration biblico-coranique. Nous regrettons qu’il se trouve des responsables religieux qui se hâtent de parler des vérités révélées sans connaissance de leur part, de manière superficielle et enfantine, dépourvus de toute pudeur et de toute maturité spirituelle.

Les principaux arguments et préjugés auxquels ont recours certains chrétiens fanatiques pour refuser le Coran et son noble Prophète sont les suivants:

  • Le Coran contredit certaines vérités évangéliques.
  • La vie de Muhammad (polygamie et guerres) démontre qu’il n’est pas un prophète.

Nous allons démontrer que le Coran ne s’attaque à aucune des doctrines évangéliques. Un grand nombre de Chrétiens a été mené à croire ces erreurs à cause de la fausse interprétation présentée par des Musulmans de certains textes coraniques.

En partant des principes d’interprétation mentionnés dans le premier chapitre, nous démontrerons dans les pages qui suivent le plein accord et l’unité des Inspirations biblique et coranique. Les Chrétiens n’ont donc aucune raison justifiable de refuser le Coran, comme les Musulmans de mépriser la Bible. Nous présenterons ensuite les grandes lignes de la vie du Prophète Muhammad, l’innocentant de toutes les fausses accusations portées contre lui.

Nous avons mentionné succinctement les raisons qui ont éloigné bon nombre de Chrétiens du Coran. Voici maintenant les points saillants sur lesquels s’appuient certains Musulmans pour s’attaquer au christianisme:

  1. La Divine Trinité, les trois aspects du Seul et Unique Dieu.
  2. Le titre de Fils de Dieu attribué au Messie.
  3. La divinité du Messie.
  4. La crucifixion et la mise à mort du Messie.
  5. La falsification de la Bible (Ancien et Nouveau Testaments).

L’important dans ces points est de savoir ce qu’en dit l’Inspiration divine, car notre discussion s’appuie sur la base solide d’un «Livre lumineux» comme le conseille le Coran. Si nous retrouvons ces points dans les Livres inspirés nous y croirons, sinon nous les rejetterons. Après avoir répondu à chacun de ces points, nous aurons, par ce fait même, réfuté les arguments présentés par certains Chrétiens pour refuser le Coran ainsi que les arguments de certains Musulmans pour rejeter la Bible et ses enseignements.

1.1. La Divine Trinité, les trois aspects du Seul et Unique Dieu

Dieu s’est révélé dans la Torah, dans l’Ancien Testament, comme étant l’unique Créateur, point d’autre dieu que Lui. L’Évangile vient confirmer cette vérité en y ajoutant une nuance encore plus profonde. Dieu est unique, mais n’est pas, pour autant, isolé de Lui-même et solitaire. En compagnie de sa Propre Personne, Il se dévoile ainsi Un-en-Trois «Aspects»: Le Père, sa Parole ou le Fils, et son Esprit. En effet, Saint Jean dit au début de son Évangile:

«Au commencement était le Verbe et le Verbe était avec Dieu et le Verbe était Dieu. Il était au commencement avec Dieu. Tout fut par Lui et sans Lui rien ne fut… Et le Verbe s’est fait chair et Il a habité parmi nous.» (Jean 1,1-14)

Telles sont les paroles de l’Inspiration évangélique. Elles nous informent que Dieu a une Parole qui est Dieu Lui-même. Dieu et sa Parole sont donc une seule et même essence, de même que l’homme et sa parole sont une seule personne. La Parole qui s’est faite chair est Jésus le Messie, connu par le Coran comme étant la «Parole de Dieu».
Dans l’Évangile, le Messie a recommandé à ses Apôtres de baptiser les croyants au Nom du Père, du Fils (la Parole de Dieu) et du Saint-Esprit:

«Allez donc. De toutes les nations faites des disciples, les baptisant au Nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.» (Matthieu 28,19)

Remarquez que le Messie n’a pas dit de baptiser «aux noms» au pluriel, mais au singulier, «au Nom». Dieu est unique et son Nom se mentionne au singulier, non au pluriel. Tout croyant conclut de ces paroles que Dieu est Père-Fils-Saint Esprit, ou bien en d’autres termes, Dieu-Sa Parole-Son Esprit.

Le Messie, avant de quitter ce monde, voyant ses Apôtres tristes en pensant à cette séparation, leur dit qu’Il leur enverra l’Esprit Consolateur qui Le remplacera comme Compagnon permanent:

«Je prierai le Père et Il vous donnera un autre Consolateur pour qu’Il soit avec vous à jamais: l’Esprit de Vérité (l’Esprit Saint)… Je ne vous laisserai pas orphelin, Je reviendrai vers vous.» (Jean 14,16-18)

Les croyants comprirent par ces paroles que le Consolateur qui devait venir, après l’Ascension de Jésus, était l’Esprit de Dieu, qui est aussi l’Esprit de Jésus: Dieu Lui-même. C’est pourquoi le Messie avait dit: «Je ne vous laisserai pas orphelin, Je reviendrai vers vous», c’est-à-dire sous la forme de son Esprit Consolateur. Il voulait leur faire comprendre que cet Esprit et Lui-même sont un. C’est pourquoi le Messie est reconnu par l’Islam comme «Parole de Dieu» et «l’Esprit de Dieu»:

«Le Messie Jésus fils de Marie est l’Apôtre de Dieu et Sa Parole qu’il déposa en Marie. Il est un Esprit venant de Dieu.» (Coran IV; Les Femmes,171)

Certains croyants pensent que cet Esprit Consolateur promis par le Messie à ses Apôtres n’est autre que le prophète Muhammad. Cette interprétation est en désaccord avec le Coran et l’Évangile. En effet, l’Inspiration évangélique dit que dix jours après son ascension, Jésus envoya l’Esprit Saint sur les Apôtres et «Tous furent alors remplis de l’Esprit Saint et commencèrent à parler en d’autres langues» (Actes 2,4).

Ce verset et le reste des versets évangéliques et coraniques concernant l’Esprit Saint ne peuvent s’appliquer au prophète Muhammad. En outre, l’Évangile et le Coran révèlent que l’Esprit Saint est venu sur Marie, la Vierge, afin qu’elle soit enceinte du Messie:

«L’ange lui répondit (à Marie): l’Esprit Saint viendra sur toi et la puissance du Très Haut te prendra sous Son ombre…» (Luc 1,35)

«Le Messie, Jésus fils de Marie, est l’Apôtre de Dieu et sa Parole qu’Il déposa en Marie. Il est un Esprit venant de Dieu.» (Coran IV; Les Femmes,171)

«Nous envoyâmes vers elle (Marie), notre Esprit, qui se présenta à Elle sous la forme d’un homme parfait.» (Coran XIX; Marie,17)

Cet Esprit ne peut être Muhammad qui n’était pas encore né. Cette fausse interprétation, sans fondement scripturaire, ne peut donc être retenue.

Dans l’Ancien Testament, Dieu révéla la Trinité d’une manière qui ne fut comprise qu’avec la Révélation évangélique. Le livre de la Genèse raconte l’apparition de Dieu à Abraham sous la forme de Trois Personnes:

«Yahvé lui apparut au Chêne de Mambré, tandis qu’il était assis à l’entrée de la tente au plus chaud du jour. Ayant levé les yeux, voilà qu’il vit trois Personnes qui se tenaient debout près de lui; dès qu’il les vit, il courut à l’entrée de la tente à leur rencontre et se prosterna à terre. Il dit: Monseigneur, je t’en prie, si j’ai trouvé grâce à tes yeux, veuille ne pas passer près de ton serviteur sans t’arrêter. Qu’on apporte un peu d’eau et vous vous laverez les pieds et vous vous étendrez sous l’arbre…» (Genèse 18,1-5)

Le fait étrange dans cette histoire biblique est qu’Abraham parle à ces trois «Personnes», tantôt au singulier, tantôt au pluriel et paraît confus devant cette vision Trinitaire de Dieu. Beaucoup de Chrétiens ont confondu, à l’aube du christianisme, entre «Trinité» (un seul Dieu en trois «Personnes») et le trithéisme (trois dieux).

Dieu nous invite, dans l’Inspiration évangélique, à discerner sa Parole et son Esprit dans son Essence divine. L’Être divin est Dieu ou le Père, la Parole qui émane (ou naît) de Lui et en Lui - spirituellement bien sûr - est le Fils, et la Mentalité de Dieu - ou son état d’Esprit - est l’Esprit Saint. Cette Parole et cet Esprit sont la Parole et l’Esprit de Dieu non la parole et l’esprit d’autres dieux. C’est cela la Trinité, un seul Dieu en trois «Personnes», ces Personnes pouvant être distinguées mais non séparées.

Certaines gens se demandent pourquoi tous ces discernements et ces paroles compliquées? Nous leur répondons: «C’est Dieu qui prit l’initiative de Se faire connaître, de nous informer de ce qu’Il juge utile à propos de son Être divin. Notre devoir est de nous efforcer de comprendre pour reconnaître enfin, que ce n’est pas si compliqué qu’on le pense».

Quant au trithéisme, c’est une doctrine qui diffère totalement de la Trinité, puisqu’elle enseigne l’existence de trois dieux en trois essences divines différentes, chaque dieu ayant sa propre essence: tel que le dieu du bien, le dieu du mal et le dieu du châtiment, les trois dieux étant éternels, et séparés l’un de l’autre. Ceci est, bien entendu, une hérésie condamnée par les Apôtres, par les dirigeants chrétiens des premiers siècles et par le Coran. Les Mormons ainsi que certaines sectes hindoues croient au trithéisme.

Certains Juifs mal intentionnés ont combattu le christianisme dès le départ en divisant les rangs par des hérésies dont celle du trithéisme. D’autres ont même prétendu que Marie, la mère du Messie, était une des trois divinités. Ce trithéisme, amalgame de christianisme corrompu et de paganisme, s’est répandu durant les premiers siècles de notre ère. C’est pourquoi le Coran condamne cette apostasie en disant:

«Infidèle est celui qui dit: Dieu est un troisième de trois. Il n’y a point d’autre dieu que le Dieu unique.» (Coran V; La Table,73)

(Interprétation du «Jalalein»: «Dieu est l’un de ces trois, les deux autres sont Jésus et sa mère. Une partie des Chrétiens pense cela.»)

Constatez qu’une partie seulement des Chrétiens est visée par le Coran. Le Coran explique encore que les trois dieux adorés par cette secte chrétienne sont Dieu, Jésus et Marie:

«Dieu dit: Ô Jésus fils de Marie, as-tu jamais dit aux hommes: Prenez pour dieux moi et ma mère plutôt que le Dieu unique? Loué sois-Tu, je n’ai pas à dire ce qui n’est pas vrai.» (Coran V; La Table,116)

«Ô gens du Livre (la Bible); ne dépassez pas les limites dans votre religion, ne dites de Dieu que ce qui est vrai. Le Messie, Jésus fils de Marie, est l’Apôtre de Dieu et sa Parole qu’il déposa en Marie et un Esprit venant de Lui. Croyez donc en Dieu et en ses envoyés. Ne dites pas qu’il y a trois (Dieu, Jésus et Marie; ‘Jalalein’). Cessez (de dire cela). Ceci vous sera plus avantageux, car Dieu est unique. Loué soit-il.» (Coran IV; Les Femmes,171)

Aujourd’hui, aucune confession chrétienne ne croit que Marie est une déesse ni que «Dieu est troisième de trois». Ces paroles sont hérétiques. L’Évangile n’a jamais dit cela, car il n’y a qu’un seul Dieu dont l’essence est Dieu, sa Parole et son Esprit. Ceci ne signifie pas trois dieux, mais un seul Dieu en trois «Personnes». Tous ceux qui parviennent à discerner entre Trinité et trithéisme démontrent qu’ils ont atteint une grande maturité de réflexion. Car tout Chrétien est d’accord avec le Coran pour dire:

«Infidèle est celui qui dit: Dieu est le troisième de trois. Il n’y a point de Dieu si ce n’est le Dieu unique.» (Coran V; La Table,73)

Nul Chrétien digne de ce nom ne peut dire de telles paroles hérétiques. Au contraire, il doit réprimer ce genre de pensées, Dieu n’étant ni «troisième», ni «deuxième», ni «premier de trois»: Dieu est un, il n’y a d’autre Dieu que Lui, loué soit-Il! Nous sommes tous avec le Coran pour rejeter le trithéisme. Si le Coran avait l’intention de nier la Trinité, il aurait dit: «Infidèles sont tous ceux qui disent: Dieu est un en trois». Que les Chrétiens, aujourd’hui, sachent donc que le Coran ne les accuse pas de blasphème en raison de leur foi, ni les vise dans les versets précités. Que les Musulmans sachent aussi cela du Coran et de leurs frères chrétiens. Pourquoi donc cette répulsion mutuelle quand il y a accord parmi les Saintes Écritures?

Voici un éclaircissement simple sur la Trinité: l’homme et sa parole sont une même essence, comme le sont l’homme et son esprit. Donc l’homme, sa parole et son esprit sont une même essence. De façon similaire Dieu, sa Parole et son Esprit sont Un. L’homme qui donne sa parole, se donne lui-même tout entier: sa parole, son âme et son esprit. En additionnant l’homme à sa parole et à son esprit, on n’obtient pas trois hommes mais un seul homme dans ses trois aspects. L’homme est donc, lui aussi, une trinité et une image réduite de la Trinité Divine. Rien d’étonnant à cela puisque Dieu créa l’homme à son Image.

Il existe dans l’homme un mouvement spirituel vital entre lui et lui-même. Il se consulte, il examine son esprit et s’interroge en raisonnant. Il est en accord avec ses actions ou les rejette; l’homme n’est pas isolé de sa pensée, à moins d’être en conflit avec lui-même, atteint de maladies psychologiques qui cloisonnent sa personnalité, laissant paraître les symptômes du déséquilibre. L’homme est une trinité. Ce mouvement spirituel signalé dans l’homme est parfaitement harmonieux en Dieu.

Un autre exemple de la Divine Trinité: Le Soleil, sa Lumière et sa Chaleur sont trois aspects d’une même entité. Le Soleil représente Dieu le Père, sa Lumière représente son Verbe vivant et vivifiant envoyé comme lumière au monde et sa Chaleur représente l’Esprit Saint vivant ressenti en nous. Ceux qui ne profitent pas du Soleil et de la Vie sont ceux qui ferment volontairement les persiennes de leurs demeures.

L’Inspiration évangélique nous a appris que le Créateur est Un mais non séparé de sa Personnalité. Ouvert à Lui-même, Il est en compagnie de sa propre Personne, parfaitement en paix avec Lui-même, pleinement conscient de son Être. Dieu s’aime sachant qu’Il est la Beauté sans tare. Tous ceux qui méditent sur Dieu avec pureté de coeur ressentent l’harmonie infinie de l’Être divin et découvrent le triple mouvement de son Essence unique infiniment aimable.

Dieu, la Pensée qu’Il a de Lui-même et l’Amour de son Être parfait sont appelés dans l’Évangile: Le Père (Dieu), le Fils (sa Parole ou sa Pensée exprimée en Lui-même) et son Esprit (l’ambiance d’amour dans laquelle Dieu baigne)

Le Coran nous invite à discerner entre Trinité et trithéisme. Ceux qui répondent à cet appel avec dépouillement franchissent un pas spirituel et psychologique géant qui les rend aptes à s’unir éternellement à Dieu, prenant part à son Amour et à sa Vie sans fin.

1.2. Le Messie et son titre de Fils de Dieu

Beaucoup sont choqués par le titre de «Fils de Dieu» attribué à Jésus car, disent-ils, Dieu n’a pas d’enfants comme les hommes. Or, la qualité de Fils de Dieu liée au Messie signifie que Celui-ci n’a pas de père humain. À la question: «Qui est la mère du Messie?», la réponse est: «Marie». Et «Qui est son père?», la Bible et le Coran sont d’accord pour reconnaître qu’aucun homme n’ayant connu Marie, nul n’a le droit de prétendre à la paternité physique de Jésus. L’Évangile et le Coran sont d’accord pour reconnaître ce fait. Telle est l’intention de l’Évangile en donnant au Messie le qualificatif de Fils de Dieu, Joseph étant son père adoptif.
Cette vérité est confirmée par l’Ancien Testament et par plusieurs prophéties. Au Xe siècle avant notre ère, Dieu envoya le prophète Nathan vers le roi David pour lui annoncer la naissance du Messie de sa descendance. Dieu dit à son propos:

«Je serai pour Lui un Père et Il sera pour Moi un Fils.» (2 Samuel 7,14)

Au VIIIe siècle av.J.-C. le prophète Isaïe annonça:

«Voici la jeune fille (vierge) est enceinte et elle va enfanter un fils.» (Isaïe 7,14)

Ces prophéties ne furent comprises qu’avec la naissance du Messie, Jésus, de la jeune vierge Marie. L’Évangile rapporte que l’Ange Gabriel annonça à Marie qu’elle donnera naissance à un garçon. Elle s’en étonna et lui demanda:

«‘Comment cela sera-t-il, je ne connais point d’homme?’ L’Ange lui répondit: ‘L’Esprit Saint viendra sur toi et la puissance du Très Haut te prendra sous son ombre; c’est pourquoi l’Être saint qui naîtra de toi sera appelé Fils de Dieu.’» (Luc 1,34-35)

Il faut scruter la parole de l’Ange qui révèle la raison pour laquelle le Messie est appelé «Fils de Dieu», expliquant que «l’Esprit Saint» viendra sur Marie, «c’est pourquoi il sera appelé Fils de Dieu», n’étant fils d’aucun homme.

L’Évangile de Matthieu nous apprend encore que l’Ange apparut ensuite à Joseph pour lui certifier la virginité de Marie, car il en doutait. L’Ange lui dit:

«Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie ta femme: car ce qui a été engendré en elle vient de l’Esprit-Saint; elle enfantera un fils, et tu l’appelleras du nom de Jésus… Or tout ceci advint pour que s’accomplît cet oracle prophétique du Seigneur (à Isaïe): Voici que la vierge concevra et enfantera un fils.» (Matthieu 1,20-23)

Dieu inspira aussi ce fait dans le Coran, attestant la naissance miraculeuse du Messie de la vierge Marie par une action divine, non humaine. Marie répondit à l’Ange:

«Comment aurai-je un fils? Nul homme ne s’est approché de moi et je ne suis point une dissolue. Il (l’Ange) répondit: il en sera ainsi: ton Seigneur a dit: Ceci est facile pour moi. Il sera notre Signe devant les hommes et la preuve de notre miséricorde. L’arrêt est fixé. Elle devint enceinte de l’Enfant et se retira dans un endroit éloigné.» (Coran XIX; Marie,20-22)

Ainsi le Coran certifia aux Arabes que la mère du Messie est vierge, car elle mit au monde un garçon sans intervention humaine, mais sur initiative et intervention divines. Ce cas unique dans l’histoire humaine a valu au Messie, et à Lui seul, le titre de «Fils de Dieu»; car tout autre homme a un père et une mère. À la différence d’Adam, Jésus avait une mère, alors que lui fut créé, dit la Bible, de la boue (ou de la poussière). Adam n’a ni père, ni mère.

Comment comprendre ce que le Coran révèle dans la sourate suivante à propos de l’Unité de Dieu:

«Dis: Dieu est Un. C’est le Dieu Éternel, Il n’a point enfanté et n’a point été enfanté. Il n’a point d’égal.» (Coran CXII; Le Culte Pur,1-4)

Notre réponse: Ces paroles sont adressées aux Païens de La Mecque à propos des dieux mythologiques, non aux Chrétiens à propos du Messie. En effet, ces Païens croyaient que leurs dieux mangeaient, se mariaient et engendraient des enfants. Le Coran vient leur dire que Dieu n’est pas comme leurs idoles, mais qu’Il est éternel, non engendré ni engendrant un autre dieu à l’aide d’une compagne déesse, comme lui, qui partage sa divinité comme c’est le cas dans la mythologie.

Le Coran lui-même nous incite à expliquer ces versets comme nous l’avons fait: Dieu n’a pas de concubines avec lesquelles il couche pour avoir des enfants comme c’était le cas des dieux de La Mecque:

«Le Créateur du ciel et de la terre, comment aurait-il un enfant, Lui qui n’a point de compagne, qui créa tout et connaît tout!» (Coran VI; Le Bétail,101)

Ce verset coranique ne vise pas Jésus mais ceux qui:

«ont désigné des associés à Dieu: les djinns, alors que c’est Lui (Dieu) qui les a créés! Et ils Lui ont taillé des fils et des filles (mythologiques), sans savoir (qu’ils sont dans l’erreur)! Loué soit-Il! Il est plus haut que ce qu’ils décrivent!» (Coran VI; Le Bétail,100)

C’est dans ce même sens qu’il faut aussi interpréter les versets suivants:

«Ils ont dit: ‘Le Miséricordieux S’est attribué un Fils (en s’alliant à une compagne)’. Vous avancez là une chose abominable…» (Coran XIX; Marie,88)

Pour cette raison, Muhammad dit encore dans le Coran:

«Si le Miséricordieux avait vraiment un enfant, je serais le premier à l’adorer.» (Coran XLIII; Le Décor,81)

L’intention divine évidente dans ce verset vise les enfants de ces «djinns» (esprits et dieux mythologiques arabes), non le Messie né de la Parole de ce Dieu unique dont Muhammad fut «le premier adorateur» ayant été «le premier Musulman» de la péninsule Arabique comme l’explique le Coran.

Il était difficile aux Arabes des temps préislamiques de comprendre les vérités évangéliques spirituelles. Ils étaient noyés dans les plaisirs sensuels et croyaient que leurs dieux se mariaient et avaient des concubines comme eux-mêmes ainsi que «des fils et filles» comme le révèle le chapitre «Le Bétail». Le Coran vient leur expliquer, dans leur langue et leur mentalité, en se mettant à leur niveau, l’existence d’un Dieu unique qui a créé toutes choses. Ce Dieu n’a nul besoin de concubine pour enfanter un fils par acte sexuel, car sa puissance spirituelle est telle que, par une parole, Il crée ce qu’Il veut.

Les Arabes n’étaient pas préparés à comprendre et à accepter une création faite par ordre divin. Dieu vint présenter ce fait à travers le Coran, leur expliquant la différence entre le comportement de leurs dieux mythologiques et celui de l’unique vrai Dieu Créateur:

«Dieu n’a pas à avoir d’enfant (par rapport physique comme les dieux de La Mecque) Loué soit-Il! Quand Il décide d’une chose, Il dit: Sois et elle est.» (Coran XIX; Marie,35)

Le Coran dit encore dans la Sourate «Les Groupes»:

«Si Dieu avait voulu avoir un fils, Il aurait choisi qui Il aurait voulu au sein de ce qu’Il a créé.» (Coran XXXIX; Les Groupes,4)

Or, le Coran révèle, en effet, que Dieu choisit Marie dans le but d’avoir un fils:

«Les anges dirent: Ô Marie! Dieu t’a choisie en vérité; Il t’a purifiée, Il t’a choisie entre toutes les femmes de l’univers.» (Coran III; La Famille d’Imran,42)

L’Ange dit à Marie: «… Je ne suis que l’envoyé de ton Seigneur pour te donner un garçon pur. Elle dit: Comment aurais-je un garçon quand nul homme ne m’a touchée…? Il dit: Ton Seigneur a dit: Cela m’est facile! Nous ferons de Lui un Signe pour les hommes et une miséricorde venue de Nous. Et cela fut conclu. Elle devint enceinte de l’enfant.» (Coran XIX; Marie,19-22)

C’est exactement ce qui arriva avec le Messie. Le Coran déclare, en effet, comme nous avons vu, que Dieu a choisi la Vierge Marie afin de créer, dans son sein, et par Sa Parole divine, son Messie béni. C’est là donc, dans le sein de Marie, que Dieu dit au Messie: «Sois!» et Il fut. Sur le champ, la Vierge choisie fut enceinte de la Parole de Dieu, comme le révèle la Sourate «La Famille d’Imran»:

«Les anges dirent à Marie: Dieu t’annonce une Parole de Lui; son nom est le Messie.» (Coran III; La Famille d’Imran,45)

Le Coran vient ainsi confirmer la révélation évangélique à propos du Messie:

«… et la Parole devint chair et habita au milieu de nous, et nous vîmes sa gloire, une gloire d’un Fils unique venant du Père, plein de grâce et de vérité.» (Jean 1,14)

Rapportons enfin ce dernier verset coranique:

«Les Juifs ont dit: ‘Uzaïr (Esdras) est Fils de Dieu’. Les Chrétiens ont dit: ‘Le Messie est Fils de Dieu’. Telle est la parole qui sort de leur bouche; ils répètent ce que les incrédules disaient auparavant. Que Dieu les anéantisse! Ils sont tellement stupides.» (Coran IX; le Repentir,30)

Nous devons comprendre ce verset en tenant compte du fait que le Coran vient confirmer la Bible et non point l’infirmer. Agir autrement serait se laisser dévier vers le pire des arguments et non pas s’orienter vers le meilleur des arguments qui est «la Voie Droite» prescrite par le Coran. Dans cette Voie lumineuse, nous comprenons ce verset de la manière suivante. Ils disent: «Le Messie est le Fils de Dieu, mais cette parole sort uniquement de leurs bouches», elle n’est pas enracinée dans leur coeur et n’entraîne aucune conséquence spirituelle positive dans leur comportement quotidien. Ils continuent de vivre comme des Païens. Si cette parole jaillissait du fond du coeur, elle aurait changé leur vie. Or, ils agissent en tout comme ces Païens polythéistes. Ils «répètent» en employant hélas le nom du Messie, ce que les incrédules disaient avant eux à propos de leurs divinités qui enfantaient des fils et des filles. Ces «stupides» ressemblent ainsi en tout aux Païens et subiront la même condamnation. Aujourd’hui, encore, nous ne pouvons que constater la décadence morale de la grande majorité des dits Chrétiens qui disent «de leurs bouches le Messie est Fils de Dieu», mais agissent eux-mêmes en fils du diable. Le Christ avait bien raison de dire:

«Hypocrites! Isaïe a bien prophétisé de vous, quand il a dit: Ce peuple m’honore des lèvres mais leur coeur est loin de Moi. Vain est le culte qu’ils me rendent.» (Matthieu 15,7-9)

Le Coran ne fait que rapporter dans son langage ces paroles du Messie adressées aux faux croyants.

L’intention de l’Inspiration divine, en donnant au Messie le titre de Fils de Dieu, est donc claire: elle signifie qu’Il n’a pas de père humain. Tel est le véritable sens spirituel confirmé par la Bible et le Coran. Celui qui veut discuter de manière fanatique divise les rangs des croyants et en porte l’entière responsabilité devant le Trône de Dieu. Quant à nous, engagés dans «La Voie Droite», nous avons démontré, grâce aux Écritures, la véritable intention divine et l’unité de l’Inspiration biblico-coranique, employant ainsi «le meilleur» des arguments qui unit les rangs des croyants.

1.3. La divinité du Messie

Nul n’imaginait que Dieu puisse s’abaisser au point de prendre la nature humaine pour apparaître dans ce monde et parler à l’homme qu’Il a créé, en homme comme lui. L’être humain, en proie à l’orgueil, refuse souvent de croire que la Majesté divine s’abaisse au niveau de l’être créé.

Que dit l’Inspiration biblico-coranique à propos de l’incarnation divine?

L’Ancien Testament prépare les croyants à cette vérité en deux étapes, graduellement. Dans la première étape, la Torah révèle la vérité sur l’existence du Dieu Unique. Dans la deuxième étape, Dieu parla aux Prophètes du Messie qu’Il allait envoyer, Le présentant sous des traits surnaturels exceptionnels.

1.3.1. Dans la première étape

Les hommes d’avant la Bible adoraient avec crainte et appréhension des dieux mythologiques dictateurs. La Bible vient présenter un Dieu unique, tendre, miséricordieux, pardonnant les péchés de ceux qui se repentent (Exode 34,5-7). Il est apparu parlant à Abraham, à Moïse et aux Prophètes, alors que les hommes adorant les idoles tremblaient de peur devant leurs dieux et s’anéantissaient devant eux pour manifester leur soumission. Dans la Bible, au contraire, Dieu apprit aux hommes à L’aimer comme un père qui veille sur ses enfants; de même qu’Il leur apprit à ne Le craindre que s’ils sont injustes:

«Yahvé, Yahvé, Dieu de tendresse et de pitié, lent à la colère, riche en grâce à des milliers, tolère faute, transgression et péché mais ne laisse rien impuni…» (Exode 34,5-7)

Le Coran, à son tour, confirme cette vérité, révélant que:

«Dieu est bon et miséricordieux.» (Coran I; Fatiha,1)

1.3.2. Dans la deuxième étape

Dieu promit, dans la Bible, d’envoyer le Messie comme Signe de Sa miséricorde, pour arracher l’homme à l’enfer de l’ignorance, du fanatisme, de l’égoïsme et de l’orgueil. Il annonça à ses prophètes la venue d’un Messie humble, mais dans cette humilité réside sa grandeur. Dieu a attribué au Messie des noms symboliques révélant sa vraie nature divine et sa personnalité humaine exceptionnelle. Isaïe (VIIIe siècle av.J.-C.) dit à son propos:

«Le Seigneur Lui-même vous donnera un Signe: Voici, la jeune fille (vierge) est enceinte, elle va enfanter un fils et elle lui donnera le nom Emmanuel.» (Isaïe 7,14)

Le nom «Emmanuel» signifie «Dieu avec nous» (Matthieu 1,23). Ainsi, avec le Messie, c’est Dieu Lui-même qui est avec nous. Isaïe attribue aussi à cet enfant d’autres noms exceptionnels:

«…Car un enfant nous est né, un fils nous a été donné, il a reçu le pouvoir sur ses épaules et on le nomme: Conseiller Merveilleux, Dieu Fort, Père Éternel, Prince de la paix.» (Isaïe 9,5)

Dieu n’a jamais donné les noms de «Dieu Fort» et «Père Éternel» à un autre prophète. Nul homme raisonnable n’oserait les porter. Au contraire, nous trouvons dans le monde arabe des noms comme: Abdallâh, qui signifie «Esclave de Dieu», Abdul-Massih, «Esclave du Messie», Abdul-Nabi, «Esclave du Prophète». Par les noms divins donnés au Messie, Dieu révèle à travers l’Ancien Testament, sa propre venue dans la personne du Messie.

La nécessité de l’incarnation de Dieu apparaît dans le cri déchirant qu’Isaïe Lui adresse, L’invitant à venir Lui-même sur la Terre:

«Ah, si Tu déchirais les Cieux, et si Tu descendais!» (Isaïe 63,19)

D’autres prophéties, notamment celles du Prophète Michée (VIIIe siècle av.J.-C.), annoncent la naissance du Messie à Bethléem. Michée prédit aussi que ses origines sont éternelles:

«Et toi (Bethléem) Ephrata, le moindre des clans de Juda, c’est de toi que naîtra Celui qui doit régner sur Israël, ses origines remontent au temps jadis, au jour d’Éternité.» (Michée 5,1)

Comment le Messie, né 750 ans après Michée, a-t-il des origines éternelles? Cette prophétie ne fut comprise qu’avec son accomplissement. En effet, dans une vive diatribe entre Jésus et les Juifs, Il déclara:

«En vérité, en vérité, je vous le dis avant qu’Abraham fût, Je Suis.» (Jean 8,58)

Nous savons qu’Abraham précéda le Messie sur notre terre de deux mille ans. Comment donc Celui-ci peut-Il affirmer exister avant Abraham, si ce n’est, comme dit Michée, que ses origines sont éternelles? Cette éternité apparaît également lorsque Jésus priait ouvertement devant ses Apôtres, disant à son Père:

«Je T’ai glorifié sur la terre… Et maintenant, Père, glorifie-moi de la gloire que j’avais auprès de Toi avant que fût le monde.» (Jean 17,4-5)

Le Messie s’adresse à son Père à haute voix afin d’enseigner dans quel esprit il faut recourir à Dieu: avec tendresse et délicatesse. Il révèle également son essence divine, Lui qui existait auprès de Dieu «avant que fût le monde». Dans l’Inspiration évangélique, plusieurs versets mentionnent l’éternité de l’Esprit du Messie, non de son corps humain, bien sûr, qui, comme toute chair, fut créé dans le monde.

Certains s’étonnent de l’incarnation divine et s’interrogent avec une mentalité totalement matérialiste: «Dieu s’étant incarné dans le Messie sur la terre, comment pouvait-il de ce fait, diriger le monde et les étoiles depuis le ciel!» Ceci est une vision naïve, puérile et restreinte de la Toute-Puissance de Dieu. Dieu n’a pas besoin de quitter le ciel pour apparaître sur terre.

À notre époque, ce fait est plus compréhensible que par le passé. La psychologie a, en effet, découvert les puissances inconnues et insoupçonnées de l’esprit humain. Un homme spirituel peut se déplacer avec son esprit et apparaître à des milliers de kilomètres de son corps. De même, certaines personnes peuvent contrôler, à distance, la pensée d’autrui, voire orienter des individus et des collectivités à distance. Si telle est la puissance de l’esprit humain créé, qui n’a pas encore découvert toutes ses facultés, que pouvons-nous dire de l’Esprit Créateur dont nous ne réalisons pas encore l’étendue infinie de sa Puissance? Dieu peut, en effet, s’incarner sur terre sans, pour autant, quitter le ciel.

Toutefois, ce qui nous intéresse dans l’Inspiration n’est pas ce qu’en disent les hommes, mais ce que Dieu révéla Lui-même à ses Prophètes. Nous croyons au plan de Dieu révélé par Dieu, même quand cela est un scandale pour ceux qui ont une foi matérialiste et un esprit obtus, les empêchant de comprendre les desseins divins.

Que dit le Coran à propos du Messie? Qu’il est la Parole de Dieu et son Esprit:

«Les Anges dirent à Marie: Dieu t’annonce une Parole de Lui; son nom est le Messie, Jésus fils de Marie.» (Coran III; Famille d’Imran,45)

Remarquez que le nom de cette Parole divine est «Jésus le Messie», ce qui revient à dire que le Messie est la Parole de Dieu. Or la Parole de Dieu est continuellement avec Lui, étant de son essence divine, comme cela est révélé par l’Évangile de St Jean:

«Au commencement était la Parole et la Parole était avec Dieu et la Parole était Dieu… et la Parole s’est faite chair.» (Jean 1,1-14)

Le Coran nous révèle que le Messie est aussi l’Esprit de Dieu:

«Le Messie, Jésus fils de Marie, est l’Apôtre de Dieu et sa Parole déposée en Marie: Il est un Esprit venant de Dieu.» (Coran IV; Les Femmes,171)

Comme nous ne pouvons séparer la parole de la personne, de même nous ne pouvons en séparer l’esprit. La Parole de Dieu est Dieu Lui-même, l’Esprit de Dieu est aussi Dieu, c’est la Trinité divine rapportée par l’Inspiration évangélique.

Certains discutent de ces sujets en ayant recours à des arguments futiles, disant par exemple, qu’il se trouve des chefs religieux portant le titre de «Esprit de Dieu» (Ruh Allah) sans avoir, pour autant, l’essence divine. La réponse est que ce sont les traditions humaines qui ont attribué aux hommes de tels titres, l’Inspiration divine n’y est pour rien. Les Livres célestes n’ont jamais dit d’un prophète, quelle que soit sa grandeur, qu’il était la Parole de Dieu ou l’Esprit de Dieu. Ici apparaît le déviationnisme des traditions humaines que nous dénonçons.
Dieu a employé les meilleurs moyens pour révéler graduellement aux Arabes la vérité de la nature du Messie, usant - selon son habitude - d’une sage pédagogie. Ceux qui désirent approfondir les vérités inspirées, doivent avoir recours à la Bible. Ils doivent la lire, s’armant de l’Esprit de Dieu, afin de ne pas l’interpréter avec un esprit purement humain ou philosophique qui obnubile les vérités spirituelles. L’important n’est pas la simple lecture des Livres inspirés mais l’esprit avec lequel les Livres célestes sont lus.

Si le Coran ne nie pas la divinité du Messie, comment pouvons-nous interpréter le verset suivant?:

«Ils ont blasphémé ceux qui disent: Dieu c’est le Messie, fils de Marie. Le Messie n’a-t-il pas dit Lui-même: Ô enfants d’Israël, adorez Dieu qui est mon Seigneur et le vôtre! Quiconque associe à Dieu d’autres dieux, Dieu lui interdira l’entrée du paradis et sa demeure sera le feu. Il n’y a pas de défenseurs pour ceux qui commettent l’injustice.» (Coran V; La Table,72)

Le Coran vise, ici, une certaine catégorie de Chrétiens considérés comme infidèles à cause de leurs injustices. Remarquez que le verset ne dit pas: «Tous ceux qui disent que Dieu c’est le Messie blasphèment», mais «ils ont blasphémé ceux qui disent: Dieu, c’est le Messie», à savoir, les Chrétiens connus comme ceux qui disent «Dieu, c’est le Messie». La phrase doit être comprise ainsi: Les Chrétiens ont blasphémé (ou blasphèment).

Mais pourquoi ont-ils blasphémé? Est-ce pour avoir dit que Dieu est le Messie? Si telle était l’Intention divine, alors le verset aurait été inspiré sous une forme incontestable, dissipant tout malentendu, comme: «Tous ceux qui disent que Dieu est le Messie blasphèment», ou encore, «quiconque dit que le Messie est Dieu blasphème».

Mais le Coran ne considère pas tous les Chrétiens comme blasphémateurs. Bien au contraire, il loue les vertus de beaucoup de Chrétiens, sachant que ceux-ci disent: «Dieu, c’est le Messie». Dieu inspira encore à Muhammad les versets suivants:

«Tu trouveras que ceux qui aiment le plus les croyants (au Coran, les Musulmans) sont ceux qui disent: Nous sommes chrétiens: C’est parce qu’ils ont des prêtres et des moines exempts de tout orgueil.» (Coran V; La Table,82)

À noter que ces prêtres et moines croient que Dieu est le Messie pourtant le Coran les loue:

«Ceux qui ont cru, ceux qui suivent la religion juive, les Chrétiens, les Sabéens et quiconque aura cru en Dieu et au jour dernier, et qui aura pratiqué le bien, tous ceux-là recevront une récompense de leur Seigneur; ils n’ont rien à craindre et ne seront point affligés.» (Coran II; La Vache,62)

«Ceux à qui Nous avons donné le Livre (La Bible) avant Lui (le Coran), eux y croient et quand on Le leur lit, ils disent: ‘Nous y croyons, c’est la vérité (qui vient) de notre Dieu. Nous étions musulmans (soumis à Dieu) avant Lui!’ Ceux-ci recevront une double récompense car ils souffrent avec patience et repoussent le mal avec le bien et font des largesses des biens que Nous leur avons accordés. Quand ils entendent un discours frivole, ils s’en éloignent.» (Coran XXVIII; Le Récit,52-55)

Nous en déduisons que le Coran ne condamne pas globalement tous ceux qui disent «Dieu, c’est le Messie» pour avoir dit ces paroles. Autrement, Dieu aurait condamné, en bloc, tous les Chrétiens. L’intention réelle de Dieu dans ces versets est de condamner une catégorie de chrétiens qui, par leurs mauvaises oeuvres, ont blasphémé et sont devenus infidèles. D’autres versets coraniques, où Dieu loue les Chrétiens fidèles en raison de leurs bonnes actions, appuient cette interprétation. Il les tranquillise en disant:

«Ils n’ont rien à craindre et ne seront point affligés. Ils ont parmi eux des prêtres et des moines exempts de tout orgueil.» (Coran II; La Vache,62 / Coran V; La Table,82)

Le Coran distingue entre deux catégories de Chrétiens: celle qui suit le droit chemin et celle qui s’égare. Cette dernière est accusée, avec raison, par le Coran, d’être constituée de blasphémateurs.

Le Coran dit:

«Tous ne sont pas semblables. Il existe, parmi les gens du Livre, une communauté droite dont les membres récitent, durant la nuit, les Versets de Dieu. Ils se prosternent, ils croient en Dieu et au Jour Dernier, ils ordonnent ce qui est convenable, ils interdisent ce qui est blâmable; ils s’empressent de faire le bien: voilà ceux qui sont au nombre des justes. Quelque bien qu’ils accomplissent, il ne leur sera pas dénié, car Dieu connaît ceux qui Le craignent.» (Coran III; Famille d’Imran,113-115)

«Une partie de ceux qui ont reçu les Écritures désireraient vous égarer; mais ils n’égarent qu’eux-mêmes, et ils ne le sentent pas.» (Coran III; Famille d’Imran,69)

«Parmi ceux qui ont reçu les Écritures, il y en a à qui tu peux confier la somme d’un talent et qui te le rendront intact; il y en a d’autres qui ne te restitueront pas le dépôt d’un dinar, si tu ne les y contrains.» (Coran III; Famille d’Imran,75)

La distinction faite par le Coran entre les deux catégories des gens du Livre ressort clairement de ces versets. La catégorie des égarés est dénoncée par le Coran, non en raison de sa croyance à la divinité du Messie, mais à cause de ses mauvaises actions, notamment le vol des biens d’autrui. Car le Coran loue d’une part des prêtres et des moines, alors qu’il en fustige d’autres:

«Ô vous qui croyez, un grand nombre de docteurs et de moines mangent l’argent des gens injustement.» (Coran IX; Le Repentir,34)

Or «manger l’argent des gens» équivaut, d’après l’Inspiration évangélique, à de l’idolâtrie. De même, toute mauvaise action est considérée par l’Évangile comme idolâtrie. Et Jésus, le Messie a dit:

«Nul ne peut servir deux maîtres, ou il haïra l’un et aimera l’autre, ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et l’argent.» (Matthieu 6,24)

Ainsi Saint Paul dit:

«Sachez-le bien, ni le fornicateur ni l’impudique, ni le cupide - qui est un idolâtre - n’ont droit à l’héritage dans le Royaume du Messie et de Dieu.» (Ephésiens 5,5)

En dépit de cela, beaucoup de Chrétiens prétendent appartenir au Messie, alors qu’ils ne sont, en vérité, que des idolâtres, ayant associé à l’adoration de Dieu l’adoration de l’argent et des plaisirs.

Il n’est donc pas étrange que le Coran, après l’Évangile, dénonce la catégorie impie des Chrétiens qui disent que Dieu est le Messie. Ces Chrétiens sont donc accusés d’idolâtrie à cause de leur amour pour l’argent et le plaisir, et non pas parce qu’ils disent que Dieu est le Messie. Telle est notre interprétation.

Oui, nous aussi, avec le Coran, nous affirmons: «Ils ont blasphémé ceux qui disent: Dieu, c’est le Messie». Pourtant, nous comptons parmi ceux qui disent que Dieu c’est le Messie. Nous l’affirmons sans inquiétude, confiants de «n’avoir rien à craindre et de ne pas être affligés» (Coran II; La Vache,62), sachant que nos bonnes actions nous classeront parmi les bénis, non parmi les blasphémateurs.

Toutefois - et pour être encore plus clairs - nous affirmons: «Ils ont blasphémé ceux qui disent que Muhammad est Prophète de Dieu». Pourtant nous croyons que Muhammad est un digne Prophète de Dieu. Et nous espérons ne pas être classés, en raison de mauvaises actions, parmi les blasphémateurs. Beaucoup de ceux qui disent que Muhammad est Prophète de Dieu se sont, en fait, éloigné des principes et des nobles commandements du Coran, rejetant l’esprit d’ouverture coranique. Ils comptent parmi les blasphémateurs. Nous référons nos lecteurs à ce que disent le Prophète Muhammad et le Sheikh Mohammed Abdo à ce sujet dans notre introduction.

De même, nous disons: «Ils ont blasphémé ceux qui disent que Moïse est prophète de Dieu». Pourtant nous croyons que Moïse est Prophète de Dieu. Mais nous dénonçons le sionisme et ses adeptes criminels qui disent que Moïse est prophète de Dieu.

L’incarnation divine répond à une nécessité absolue, vu les ténèbres épaisses dans lesquelles l’humanité était plongée. Les Prophètes eux-mêmes étaient incapables de sauver l’homme. Cette incapacité transparaît dans les paroles du Prophète Isaïe:

«Tous, nous étions égarés…» (Isaïe 53,6)

Seul Dieu ne s’égare pas. Lui seul est en mesure de libérer l’homme des ténèbres. C’est pourquoi:

«La Parole s’est faite chair et Elle a habité parmi nous.» (Jean 1,14)

Dieu a exaucé le cri déchirant du Prophète Isaïe:

«Ah, si Tu déchirais les Cieux, et si Tu descendais!» (Isaïe 63,19)

1.4. La crucifixion du Messie

La Bible, dans l’Ancien Testament, annonce que le Messie sera méprisé et mis à mort par les Juifs. Le prophète Isaïe (VIIIe siècle av.J.-C.) avait dit à propos du Messie:

«Il est objet de mépris et rebut de l’humanité, homme de douleurs et connu de la souffrance, Il était méprisé et déconsidéré. Or c’était nos souffrances qu’Il supportait et nos douleurs dont Il était accablé. Et nous autres, nous L’estimions châtié, frappé par Dieu et humilié. Il a été transpercé à cause de nos péchés, écrasé à cause de nos crimes. Le châtiment qui nous rend la paix est sur Lui, et c’est grâce à ses plaies que nous sommes guéris. Tous comme des brebis nous étions égarés. Et Dieu a fait retomber sur Lui les crimes de nous tous. Affreusement traité, Il s’humiliait, Il n’ouvrait pas la bouche… Il a été retranché de la terre des vivants; pour nos péchés, Il a été frappé à mort. On Lui a dévolu sa sépulture au milieu des impies alors qu’Il n’a jamais fait de tort, ni de sa bouche proféré de mensonge. Dieu a voulu L’écraser par la souffrance. S’Il offre sa vie en expiation, Il verra une postérité, Il prolongera ses jours, et ce qui plaît à Yahvé s’accomplira par Lui.» (Isaïe 53,1-10)

Telle est la description faite par l’Ancien Testament du drame du Messie et de sa mise à mort, huit siècles avant son accomplissement. Si, aujourd’hui, nous devions dépeindre les souffrances du Messie, nous ne réussirions pas mieux qu’Isaïe.

Quel est le sens de cette prophétie divine: «Il a été transpercé à cause de nos péchés. Et tous nous étions égarés!» Quels sont ces péchés et de quel égarement les Juifs furent-ils atteints? Il s’agit des crimes du sionisme et de son égarement. En effet, l’esprit sioniste s’est infiltré dans le peuple juif au fil des siècles et cet esprit a été condamné avec force par les prophètes de l’Ancien Testament et par le Messie. «Tous nous étions égarés» a dit le prophète Isaïe. Cet égarement réside dans la politisation du Judaïsme. En effet, les Sionistes conçoivent le judaïsme comme un État israélien. Par contre, Dieu le désire foi et repentir pour toute l’humanité. Voilà pourquoi le Messie avait déclaré:

«Mon Royaume (spirituel et universel) n’est pas de ce monde (politique et restreint).» (Jean 18,36)

Les Juifs sionistes d’aujourd’hui suivent les pas de leurs ancêtres et s’égarent dans l’illusion du sionisme. Après avoir occupé la Palestine, la plupart des Israéliens rêvent encore du Grand Israël, l’empire israélien qui s’étendrait du Nil à l’Euphrate. Le drame du Moyen-Orient a pour cause le sionisme et reproduit au XXe siècle le drame de Jésus, le Messie, qui dénonça le sionisme jusqu’à la Croix.

Le mal sioniste avait également atteint les Apôtres de Jésus eux-mêmes. Ceux-ci attendaient - comme tous les autres Juifs - un Messie militaire qui prendrait la tête d’un mouvement sioniste de libération. Ils s’attendaient à ce que Jésus engagea une campagne expansionniste violente et armée contre les Romains et les pays avoisinants de la Palestine. Le but de ce mouvement messianique militaire aurait été l’établissement d’un empire sioniste. C’est la raison pour laquelle le Messie, loin de leur parler d’une gloire militaire, les prépare graduellement à la pensée de sa mise à mort, substituant ainsi une vision spirituelle du salut, à leurs ambitions politiques et racistes.

En effet, Jésus, après s’être assuré que ses Apôtres crurent en Lui comme Messie, il leur révéla son messianisme spirituel non politique par sa mise à mort:

«À dater de ce jour, Jésus commença de montrer à ses disciples qu’Il lui fallait s’en aller à Jérusalem, y souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, être mis à mort et, le troisième jour ressusciter.» (Matthieu 16,21)

La réaction spontanée des Apôtres fut une déception; Pierre rejeta cette vision non-politique et s’empressa de dire:

«Dieu t’en préserve, Seigneur. Non, cela ne t’arrivera point.» (Matthieu 16,22)

Mais le Messie le réprimanda et continua de répéter aux Apôtres qu’il fallait qu’Il soit crucifié et mis à mort (Matthieu 16,23 et Luc 9,22 / 9,44-45).

L’esprit sioniste avait tellement envahi la mentalité juive, que les Apôtres eux-mêmes éprouvèrent une immense difficulté à s’en débarrasser. L’Évangile mentionne que Jésus, même après sa mort et sa résurrection, dut apparaître à deux de ses disciples afin de leur expliquer les prophéties de l’Ancien Testament concernant ses souffrances. Il leur dit:

«Esprits sans intelligence, lents à croire tout ce qu’ont annoncé les Prophètes! Ne fallait-il pas que le Messie endurât ces souffrances pour entrer dans sa gloire? Et, commençant par Moïse et parcourant tous les prophètes, il leur interpréta dans toutes les Écritures ce qui le concernait.» (Luc 24,25-27)

Le Messie est entré dans sa gloire à Lui - une gloire spirituelle, non mondaine ni politique - par la porte du martyre. Le martyre pour la Justice est aux yeux de Dieu une gloire et une dignité, non une honte comme certains le pensent. Le Messie n’a pas méprisé le martyre, et quiconque y voit un acte honteux n’est pas guidé par l’Esprit Saint de Dieu. Les Apôtres ont mis longtemps à comprendre cette manière de penser; certains avaient même honte de ce que St Paul, dans sa lettre, nomma «le scandale de la croix» (Galates 5,11).

Beaucoup ont méprisé Jésus à cause de sa crucifixion. Les Apôtres, par contre, n’ont pas rougi de sa mise à mort, car le Messie, après sa résurrection, leur a expliqué le sens profond de la Croix. Ils ont alors compris l’intention de Dieu et sa sagesse et s’y sont soumis. St Paul écrit dans sa première lettre aux Corinthiens:

«Nous prêchons, nous, un Messie crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les Païens.» (1 Corinthiens 1,23)

Dieu a voulu, par la mise à mort du Messie, établir un critère de foi pour séparer les vrais croyants des sionistes. Ceux-ci refusèrent de Le suivre en raison de leur attachement à la politique et à la gloire temporelle. Le Coran fait allusion à ces derniers qui, après avoir cru en Jésus comme un Messie sioniste, renoncèrent à Le suivre après sa mort, ayant compris qu’Il ne satisferait point leur rêve d’hégémonie:

«Parmi les gens du Livre (des Juifs), certains ont voulu croire en lui (au Messie) avant sa mort et le jour de la Résurrection il témoignera contre eux.» (Coran IV; Les Femmes,159)

Ce verset démontre clairement que le Messie a véritablement été mis à mort.

Si telle fut l’attitude des gens de la Bible - les Juifs, scribes et Pharisiens déjà initiés à la mort du Christ par les prophéties bibliques, - combien, à plus forte raison, Dieu devait-Il ménager les Arabes de l’époque, incapables d’assimiler ce fait de la Croix? Les Arabes du temps préislamique ne pouvaient ni concevoir ni accepter un Messie apparemment vaincu, accroché à une croix et mis à mort par des hommes, les Juifs, supposés êtres ses témoins.

Pourquoi le Messie devait-il être mis à mort? Pour abolir l’esprit sioniste dans la mentalité de ses adeptes. Ceux-ci, voyant Jésus auquel ils crurent comme Messie politique sur une croix, réalisèrent que le sionisme est une erreur et une illusion auxquelles il fallait définitivement renoncer.

Si le Messie n’avait pas été crucifié, ses disciples n’auraient pas compris leur erreur et auraient continué à lui demander d’établir le royaume sioniste d’Israël. Par la croix, le Messie a mis fin au concept sioniste.

Jésus est Sauveur car Il sauve tous ceux qui croient en Lui, non seulement des chaînes sionistes, mais également de tout idéal illusoire similaire, de toute mentalité matérialiste, même quand celle-ci se cache sous une apparence religieuse. Tel est le cas de l’Islam et du Christianisme politiques et nationalistes. Toute tentative de politiser la religion - toutes les religions - est un autre sionisme déguisé sous un autre nom. Le Vatican, en se proclamant «État» en 1929, semblable aux autres États, a chuté dans le même piège que le sionisme.

Comme déjà mentionné, il était impossible aux Arabes des temps préislamiques de comprendre le message du Messie vaincu en apparence. C’est pourquoi le Coran - en bon pédagogue - leur présente graduellement les vérités et les faits évangéliques. Il faut aussi tenir compte du fait qu’à cette époque, les Arabes évaluaient l’homme par sa force physique, sa vaillance et sa bravoure à manier l’épée, non par des qualités comme la tendresse, l’humilité et le martyre pour la Justice.

Cette mentalité prévaut aujourd’hui encore dans beaucoup de sociétés; un grand nombre n’a rien appris de l’Inspiration divine et a continué à mépriser les humbles et les doux, les traitant de faibles. De tels comportements caractérisent l’esprit sioniste, vaincu par Jésus sur une humble croix.

Le Coran a préparé les Arabes avec beaucoup de doigté et de finesse à la compréhension de la sagesse du martyre du Messie. Ceci ne peut être découvert que par le chercheur minutieux et bien intentionné. Car le Coran dit des Juifs en les condamnant:

«Ils ont rompu l’Alliance, ils ont blasphémé contre les Signes de Dieu, ils ont mis injustement les prophètes à mort. Ils ont blasphémé en inventant contre Marie des calomnies atroces. Ils ont dit: Nous avons mis à mort le Messie, Jésus, fils de Marie, l’Envoyé de Dieu. Non, ils ne L’ont point tué, ils ne L’ont point crucifié; mais cela leur a semblé… Mais Dieu L’a élevé à Lui.» (Coran IV; Les Femmes,155-158)

Certains croyants superficiels s’empressent de penser que ces versets coraniques nient la crucifixion et la mise à mort physique du Messie. Emportés dans leur enthousiasme, ils se lancent dans une attaque en règle contre l’Évangile prétendant que celui-ci - qui rapporte la crucifixion de Jésus - est falsifié. Par leurs conclusions hâtives, ils contredisent le Coran qui dit attester l’Évangile. En prenant du recul, pour consulter calmement et sans fanatisme le Coran, ils auraient découvert que celui-ci parle - dans un autre verset - de la mise à mort du Messie.

Ici, apparaît l’importance de la recherche de l’unité de l’Inspiration et la nécessité d’un approfondissement de l’étude coranique pour atteindre l’intention divine. Ainsi, guidés par un «Livre lumineux», nous pourrons éviter le piège de l’interprétation littérale, qui éloigne de l’intention divine. Le Coran nous encourage lui-même à suivre cet itinéraire par une déclaration franche sur la mort du Messie, où celui-ci enfant dit:

«La paix est sur Moi au jour où Je naquis et au jour où Je mourrai et au jour où Je serai ressuscité.» (Coran XIX; Marie,33)

Le Coran parle donc de la mort du Messie et de sa résurrection, attestant en cela l’Évangile. Certains croyants superficiels pensent que ces versets visent le retour du Messie à la fin des temps. C’est alors seulement que le Messie serait - selon eux - mis à mort. L’Inspiration divine ne fournit aucun fondement à ces élucubrations. Nous ne comprenons pas les raisons pour lesquelles ces «croyants» acceptent l’idée de la mort du Messie à la fin des temps, tout en la refusant pour sa première venue. Le Coran mentionne également la mort du Messie dans le verset suivant où Jésus, parlant à Dieu après sa mort, dit à propos des Juifs qui renoncèrent à Jésus après sa mort:

«J’étais témoin contre eux tant que J’étais parmi eux. Puis, quand Tu M’as fait mourir, Tu as été Toi-même témoin contre eux et Tu es le Témoin de toutes choses.» (Coran V; La Table,117)

Nous avons déjà vu que le Coran condamne les gens du Livre (les Juifs) qui cessèrent de croire en Jésus après sa mort:

«Parmi les gens du Livre, certains ne crurent en Lui (Jésus) qu’avant sa mort et le Jour de la Résurrection, Il témoignera contre eux.» (Coran IV; Les Femmes,159)

La mort du Messie est aussi rapportée au verset suivant qui dit à propos des Juifs incrédules:

«Ils ont rusé contre Jésus (pour le tuer) Mais Dieu aussi a rusé, et certes Dieu est le plus fin des rusés. Car Dieu dit: Ô Jésus, Je Te ferai subir la mort (moutawaffîca) et T’élèverai à Moi. Je Te délivrerai des blasphémateurs (des Juifs qui te renient), et J’élèverai ceux (les Juifs croyants) qui T’ont suivi au-dessus de ceux qui ne croient pas en Toi jusqu’au Jour de la Résurrection.» (Coran III; Famille d’Imran,54-55)

NB: Ici encore le mot arabe «moutawaffîca», qui signifie «Je Te ferai mourir», est mal traduit par «Te rappeler à Moi». Ce qui est faux. En effet, ce mot désigne un décès physique, une mise à mort corporelle.

Comment concilier les versets coraniques où Dieu déclare Lui-même la mise à mort de Jésus et ceux où Jésus Lui-même déclare sa mort, avec le verset du Coran IV; les Femmes,157, qui dit:

«Ils ne L’ont point tué, ils ne L’ont point crucifié; mais cela leur a semblé!» (Coran IV; les Femmes,157)

L’Inspiration coranique se contredit-elle? Certes non!

Ceux qui s’arrêtent à l’interprétation littérale trébuchent et, comme le dit le Coran à propos de ceux qui adorent Dieu à la lettre:

«Ils tombent sur la face dans ce monde et dans l’autre. Voilà la perdition évidente.» (Coran XXII; Le Pèlerinage,11)

En nous élevant au niveau de l’Intention divine dans l’Inspiration - pour comprendre selon l’esprit et non selon la lettre - nous ne verrons dans le verset 157 du chapitre des Femmes (Coran IV) aucune négation du crucifiement et de la mise à mort physique du Messie. L’Intention divine est de nous faire comprendre que les Juifs, en mettant le Messie à mort, n’ont pas mis fin à son message. «Il leur a semblé» qu’en le tuant, ils pourraient avorter sa mission dans le berceau. Mais son message, après sa mort, s’est répandu comme feu dans la paille, jusqu’aux confins de la terre.

Les Juifs craignaient le message de Jésus, opposé au sionisme, encore plus que sa Personne. Or voici que son message, qu’ils avaient visé en Le tuant, se répandit dans le monde, en raison même de cette crucifixion. Ainsi, Dieu, «le plus fin des rusés», triompha de l’astuce des Juifs (Coran III; Famille d’Imran,54-55).

Certains pensent que la ruse de Dieu a été plus fine que celle des Juifs sionistes parce qu’Il a élevé à Lui le Messie, Lui évitant la mise à mort. Mais cette interprétation contredit l’Inspiration biblico-coranique. Nous ne pouvons donc l’accepter. Nous croyons que la ruse divine a triomphé de celle de ces incroyants car la mort du Messie a été la cause de la défaite du sionisme. Dieu, après la mort du Messie, L’a ressuscité et L’a élevé vers Lui, alors que les Juifs pensaient L’avoir précipité au plus profond de l’enfer. La victoire divine sur les Juifs ne s’arrête pas à l’élévation du Messie: Le Créateur confond encore davantage les Juifs, en élevant éternellement au-dessus d’eux, les disciples de son Messie:

«Dieu dit à Jésus: J’élèverai ceux qui T’ont suivi (les Juifs croyants) au-dessus de ceux qui ne croient pas en Toi (les Juifs sionistes), jusqu’au Jour de la Résurrection.» (Coran III; Famille d’Imran,55)

Rien ne justifie ceux qui nient la crucifixion du Messie sous prétexte de Le glorifier. Le martyre pour la cause de Dieu n’est pas une honte. Aussi, Dieu répond dans le Coran à tous ceux qui pensent glorifier le Messie en niant sa crucifixion:

«Réponds-leur (Muhammad): Qui pourrait arrêter le bras de Dieu s’Il voulait anéantir le Messie, fils de Marie, et sa mère, et tous les êtres de la terre!» (Coran V; La Table,17)

Or, comme nous l’avons vu précédemment, la Bible nous révèle par le prophète Isaïe, huit siècles avant Jésus, que Dieu avait déjà décidé d’anéantir le Messie:

«… Il a été retranché de la terre des vivants. Pour nos péchés, Il a été frappé à mort… Dieu a voulu l’écraser par la souffrance.» (Isaïe 53,8-10)

Notre conviction est ferme: Nul ne peut arrêter le bras de Dieu qui agit selon son plan et sa sagesse, bien souvent incomprise des hommes. Dieu a vraiment anéanti physiquement le Messie comme cela a été prophétisé dans l’Ancien Testament et comme le Messie Lui-même l’a enseigné dans l’Évangile. Le Coran ne fait que le certifier. Toutefois, si Dieu a voulu anéantir corporellement le Messie, c’était dans le but de Le glorifier spirituellement et éternellement. Ceci se réalisera par la destruction prochaine et définitive du sionisme incarné de nos jours dans l’État d’Israël.

Croire que le Messie ne fut pas mis à mort, signifie croire en un Messie politique et militaire. Ceci est une autre forme du sionisme. Le Messie devait passer par la mort pour changer la mentalité des hommes bien intentionnés tombés dans les filets du matérialisme.

Suite à ces réflexions, une conclusion simple et véridique s’impose: la croyance en la crucifixion du Messie ne contredit pas le Coran quand ses versets sont interprétés spirituellement, selon notre principe valable pour tous les Livres inspirés. Par contre, la négation du crucifiement du Messie pousse les interprètes du Coran à rechercher des explications contorsionnées pour les adapter aux versets coraniques qui parlent de sa mise à mort. Ils finissent ainsi par contredire l’Évangile, au lieu de le confirmer comme le veut le Coran. Ce comportement coupable n’est ni «le Meilleur des Arguments», ni «la Voie Droite» prescrits par le Coran.

Mourir martyr pour Dieu est une gloire infinie: Nul ne pourra la ravir au Messie Jésus, le Premier des martyrs. Celui qui a saisi cette vérité cessera de vouloir éloigner du Messie la «honte» de la croix. Mourir pour Dieu, c’est vivre éternellement comme le révèle le Coran:

«Ne dites pas que ceux qui sont tués dans la voie de Dieu sont des morts. Non, ils sont vivants; mais vous ne le comprenez pas.» (Coran II; La Vache,154)

Le Coran est logique avec lui-même. Il ne considère pas les martyrs de Dieu comme morts, mais comme vivants. C’est pourquoi, respectant ses propres principes, il ne s’arrête pas à la mise à mort du Messie, mais, comme martyr, Le déclare vivant à jamais. Les Juifs ne l’ont pas mis à mort car Dieu, «le plus fin des rusés», L’a fait revivre éternellement, mais eux «ne le comprennent pas». Le Coran dit en outre à ce sujet:

«Ne croyez pas que ceux qui ont été tués dans le sentier de Dieu soient morts: Ils vivent près de Dieu, et reçoivent de Lui leur nourriture.» (Coran III; Famille d’Imran,169)

Nous disons, nous qui croyons en la crucifixion, la mort et la résurrection du Messie: Le Messie est vivant, «ils ne L’ont point tué, ils ne L’ont point crucifié. Mais cela leur a semblé».

1.5. La falsification de la Bible

1.5.1. Les preuves coraniques de l’authenticité de la Bible

Au long des siècles, certains Juifs ont répandu la rumeur de la falsification de la Bible, et particulièrement de l’Évangile, par des Chrétiens. Leur but était de convaincre les gens que les prophéties sur lesquelles s’appuient les Chrétiens pour croire en Jésus comme Messie sont falsifiées et n’existent pas dans l’Ancien Testament - du moins dans la forme présentée par les Chrétiens -. Ainsi, ceux-ci auraient manipulé les textes bibliques pour les adapter à Jésus.

Beaucoup ont cru cette calomnie et l’ont colportée jusqu’à nos jours, méprisant ainsi la Bible et particulièrement l’Évangile. Certains Arabes vont jusqu’à empêcher l’introduction de l’Évangile dans leur pays et leurs maisons quand, paradoxalement, ils ouvrent leurs portes aux livres et aux revues immoraux.

Prétendre que la Bible est falsifiée est une hérésie inspirée par le Diable qui, comme dit le Coran:

«suggère les mauvaises pensées et souffle le mal dans les coeurs des hommes.» (Coran CXIV; Les Humains,5)

Nous ne trouvons dans le Coran aucun verset qui mette le croyant en garde contre la falsification de la Bible. Au contraire, le Coran dit qu’il vient certifier la Bible (Coran IV; les Femmes,47) Le Coran authentifierait-il un texte biblique falsifié?

Comment le Coran mettrait-il en garde contre la Bible, quand l’Inspiration est une? Dieu est Tout-Puissant pour protéger son Inspiration, et ne peut permettre la falsification du Livre qu’Il a inspiré. Comment pourrions-nous, sinon, avoir recours à un «Livre lumineux» pour nous guider dans la bonne voie? Et quelle référence aurions-nous? Celui qui diffame la Bible en prétendant qu’elle est falsifiée, diffame par le fait même le Coran, qui en certifie l’authenticité.

Une des différences fondamentales entre l’Inspiration coranique et beaucoup de Musulmans traditionnels, réside dans le fait que le Coran atteste la Bible, tandis que ceux-là la calomnient. Le Coran dit:

«Ceux à qui Nous (Dieu) avons donné le Livre (la Bible), Le lisent correctement. Ceux-ci y croient et ceux qui n’y croient pas sont les perdants.» (Coran II; La Vache,121)

L’explication donnée par «Al-Jalalein» pour l’expression «Le lisent correctement» est la suivante: «C’est-à-dire qu’ils Le lisent comme Il a été inspiré». Nous adoptons cette interprétation correcte qui a le mérite d’exprimer l’Intention du Seigneur.

Le témoignage du Coran en faveur de l’authenticité de l’Ancien et du Nouveau Testaments rend pour nous toute discussion inutile. Nous nous demandons comment certains prétendent croire au Coran tout en affirmant que la Bible est falsifiée. En calomniant la Bible, ils démontrent qu’ils ne croient pas au Coran, puisque Celui-ci dit explicitement de la Bible que:

«Ceux qui n’y croient pas sont les perdants.» (Coran II; La Vache,121)

Le Coran témoigne de l’Évangile en disant encore:

«Que les gens de l’Évangile jugent d’après ce que Dieu y a inspiré et ceux qui ne jugent pas d’après ce que Dieu a inspiré sont infidèles.» (Coran V; La Table,47)

Le Coran incite donc les gens de l’Évangile à juger en vertu de ce que Dieu y a inspiré pour les guider. Cette attestation coranique en faveur de l’Évangile n’est-elle pas un témoignage sûr de son authenticité et du devoir d’y recourir? Malgré cela, des Juifs, des Musulmans et des Chrétiens, en grand nombre, affirment le contraire. Quel sera le jugement de ces «infidèles», comme les qualifie le Coran?

Ceux qui prétendent que l’Évangile est «falsifié» ne manifestent pas une foi absolue dans le Coran, mais un fanatisme aveugle. En fait, ces gens-là cachent sous un masque leur haine pour toute Inspiration divine. Les mêmes remarques visent ceux qui méprisent le Coran sous prétexte de croire à l’Évangile.

Tout Musulman qui pense que l’Évangile est falsifié est contre le Coran. Et tout Chrétien qui attaque le Coran est contre l’esprit évangélique. Quiconque a vraiment compris l’esprit de l’Évangile ne peut qu’embrasser le Coran.

Le Coran s’appuie incessamment sur la Bible comme sa référence sûre et fidèle. En effet, Dieu conseille à Muhammad de se référer aux lecteurs de la Bible s’il doute des paroles divines qui lui sont inspirées:

«Si tu doutes de ce qui t’a été envoyé d’En Haut, interroge ceux qui lisent les Écritures envoyées avant toi.» (Coran X; Jonas,94)

Nous aurions aimé voir tout Musulman mettre en pratique l’esprit du Coran et tout Chrétien mettre en pratique l’esprit de l’Évangile, afin de briser les chaînes du fanatisme menant à la perdition. Que tout Musulman imite donc le Prophète de l’Islam qui n’a rempli son coeur que de paroles de piété et de respect pour la Bible:

«Nous (Dieu) avons inspiré la Torah dans laquelle il y a la lumière et la direction pour que les Prophètes jugent d’après son contenu… Et sur leurs pas Nous envoyâmes Jésus, fils de Marie, pour confirmer la Torah. Nous lui donnâmes l’Évangile qui contient la bonne direction et la lumière et il confirme la Torah. Que les gens de l’Évangile jugent d’après ce que Dieu y a inspiré.» (Coran V; La Table,44-47)

Y a-t-il un seul verset coranique que le croyant en l’Évangile puisse refuser sous prétexte qu’il attaque l’Évangile? Non, il ne se trouve dans le Coran aucun verset qui contredise l’Évangile et ses enseignements, à condition, toutefois, que l’interprétation prenne en considération «le Meilleur des Arguments», c’est-à-dire celui qui atteste l’Évangile, non celui qui le contredit.

Toute interprétation coranique contraire à l’Évangile est un faux témoignage porté contre le Coran. Nous sommes consternés devant ceux qui présentent de fausses interprétations coraniques, puis justifient leurs affirmations erronées en prétendant que c’est l’Évangile qui est falsifié. Cette justification est encore plus condamnable que l’erreur elle-même. Le Coran lui-même dénonce et juge ces personnes.

De même, nous sommes consternés devant ceux qui refusent le Coran sous prétexte qu’il est contraire à l’Évangile. Cette affirmation est fausse, car le Coran atteste l’Évangile et le confirme, Pourquoi donc le rejeter sous un faux prétexte? N’est-il pas, au contraire, plus honnête et plus simple de croire au Coran, car il témoigne en faveur de l’Évangile? En effet, le Coran dit aux gens de la Bible:

«Vous qui avez reçu le Livre (la Bible) croyez à ce que Dieu a fait descendre du Ciel (le Coran) confirmant ce qui est avec vous (la Bible).» (Coran IV; Les Femmes,47)

C’est pourquoi les gens de la Bible doivent s’efforcer de rechercher l’interprétation coranique qui confirme la Bible «qui est avec eux». En agissant avec amour et sagesse, ils parviendront à unir les rangs et à mettre un terme à la haine confessionnelle.

Le Coran adresse également ses commandements aux Musulmans, en disant:

«Ô croyants! Croyez en Dieu, en son apôtre (Muhammad), au Livre qu’Il lui a envoyé (le Coran), au Livre descendu avant lui (la Bible). Celui qui ne croit pas en Dieu, en ses Anges, à ses Livres (L’Ancien, le Nouveau Testament et le Coran), à ses Apôtres et au Jour Dernier est dans un égarement lointain.» (Coran IV; Les Femmes,136)

Il ne nous appartient pas de juger ceux qui ne croient pas aux Livres Saints de l’Ancien et du Nouveau Testament dans leur texte actuel, ni de les condamner plus fermement que ne l’a déclaré Dieu lui-même dans le Coran: «Ils sont dans un égarement lointain». Nous exhortons donc à croire au texte actuel de la Bible, car c’est ce texte que le Prophète Muhammad a connu. L’Inspiration divine dans le Coran désigne ce texte-ci, parce que les preuves, même scientifiques, de son authenticité sont multiples et détruisent toute argumentation contraire.

Il n’existe, par contre, aucune preuve scientifique de la falsification de la Bible. Si une personne convaincue de cette falsification parvient à présenter une preuve scientifique de ce qu’elle avance, je lui en saurai bien gré et deviendrai son disciple.

1.5.2. Les preuves scientifiques de l’authenticité de la Bible

Dieu n’a pas inspiré la Bible pour la livrer aux caprices et à la malice des hommes. Voici les principales preuves scientifiques - fruits de l’archéologie moderne - qui, avec le Coran, attestent l’authenticité de la Bible:

  1. Les rouleaux de la «Mer Morte» découverts en 1947 à Qumram (près de la Mer Morte) démontrent l’authenticité de l’Ancien Testament. Les savants ont comparé ce texte à celui que nous possédons et l’ont trouvé authentique. Ces textes du IIe siècle av.J.-C, sont inscrits sur cuir de chèvres. Ces rouleaux se trouvent au Musée Rockefeller de Jérusalem. Les musées internationaux en ont des copies.
  2. Le papyrus «Rylands», qui date de l’an 125 après Jésus-Christ, contient une partie du chapitre 18 de l’Évangile de St Jean. Il concorde avec le texte actuel.
  3. Les papyrus appelés «Chester Beatty» comportent de grandes parties du Nouveau Testament. Ils datent du IIIe siècle ap. J.-C.. Ce texte concorde également avec le texte actuel et se trouve au Musée de Michigan (U.S.A.).
  4. La Bible dite Vaticanus remonte au IVe siècle apr.J.-C. et comporte toute la Bible en latin. Elle se trouve au Musée du Vatican.
  5. La Bible dite Sinaïticus, découverte au Couvent Ste Catherine au Sinaï, se trouve au British Muséum. C’est la Bible en grec; elle remonte également au IVe siècle après Jésus-Christ. Elle fut découverte par un prince russe à la fin du XIXe siècle.
  6. Une preuve logique de l’authenticité de la Bible: la multiplicité des confessions chrétiennes ont le même texte biblique. Ce texte existe en différentes langues et concorde avec les textes originaux.
  7. Beaucoup de savants musulmans nient la falsification de la Bible. Les principaux sont les deux grands cheikhs (défunts) connus: Afghani et Muhammad Abdo.

D’après une fable colportée par certains «croyants», l’Évangile aurait été élevé au Ciel avec le Messie et ne se trouverait plus sur la Terre. À ces gens nous posons la question suivante: Quelle part de vérité ces propos renferment-ils, puisque le Coran dit de ceux qui lisent la Bible, qu’ils «la lisent correctement»? Comment pourraient-ils la lire correctement si elle ne se trouve plus sur terre?

Ces élucubrations sont d’autant plus ridicules que le Coran recommande aux gens de l’Évangile de juger d’après ce que Dieu y a inspiré. Dieu peut-Il, dans le Coran, recommander de juger d’après un Livre qui n’existe plus?

Nous avons démontré que le Coran est une lecture arabe de la Bible qui, du temps du paganisme arabe, existait en trois langues seulement: l’hébreu, le grec et le latin. Ceci est une preuve irréfutable, appuyée par les découvertes de l’archéologie moderne, de la présence de la Bible sur la terre à cette époque. Elle n’a donc pas été enlevée avec le Messie au Ciel! Les découvertes archéologiques déjà mentionnées démontrent cela.

La tradition musulmane officielle rapporte également, dans les «Nobles Discussions.» du Prophète Muhammad, un fait d’importance primordiale.
(Ces Discussions (Hadith, en arabe) sont rapportées par le savant Bokhari.)

Après l’apparition de l’Ange Gabriel à Muhammad, lui annonçant sa mission, le Prophète fut troublé. Il quitta aussitôt son lieu de méditation habituel et rapporta le fait à Khadija, son épouse. Pour le tranquilliser, elle le mena directement chez Waraka-Ibn-Nofal, le cousin de Khadija et l’oncle de Muhammad. Bokhari rapporte que Waraka était un scribe arabe - converti au christianisme - qui rédigeait «l’Évangile en hébreu». La Bible existait donc «sur terre» du temps de Muhammad, dans la péninsule Arabique elle-même.

Les preuves scientifiques et scripturaires présentées ici démontrent l’authenticité de la Bible. Elles manifestent l’abîme immense entre, d’une part, les paroles du Coran et de son Prophète concernant la Bible et, de l’autre, les calomnies de certains croyants traditionalistes. Pour notre part, nous faisons confiance au témoignage du Coran et de son Prophète en faveur de la Bible. Et ce témoignage nous suffit.

Certains croient que l’Évangile a été falsifié après l’Inspiration coranique. Ceci est le pire des arguments et révèle une mauvaise foi. Car nous avons présenté des preuves scientifiques irréfutables de l’authenticité du texte évangélique actuel qui est identique à celui inspiré par le passé, avant Muhammad. C’est en faveur de ce même texte que le Coran témoigne.

«L’évangile» de Barnabé

Beaucoup de personnes en Orient croient au pseudo évangile de Barnabé. Cet «évangile» est une parodie de la vie du Messie, admise malheureusement par beaucoup de Musulmans. Mais tout Musulman digne de ce nom, ne peut que rejeter cet «évangile» pour la simple raison que Jésus y est présenté comme n’étant pas le Messie, mais le prédécesseur du Messie. D’après cet «évangile» mensonger, Muhammad serait le Messie.
Voici quelques extraits de cet «évangile»:

«Le prêtre dit à Jésus: Lève-toi Jésus, car nous devons savoir de toi qui tu es: Il est écrit dans le livre de Moïse que Dieu va nous envoyer le Messie qui nous informera de la volonté de Dieu. C’est pourquoi je te prie de nous dire la vérité. Es-tu le Messie de Dieu que nous attendons? Jésus répondit: Il est vrai que Dieu nous a promis cela, mais je ne suis pas le Messie, car celui-ci a été créé avant moi et il viendra après moi.» (Chapitre 96,1-5)

Le chapitre 97,13-17 rapporte également:
«Le prêtre dit alors: Et comment se nommera le Messie? Jésus répondit: Le nom du Messie est admirable car Dieu lui-même lui a donné un nom quand il créa son âme et il le plaça dans une béatitude céleste. Dieu a dit: Attends ô Muhammad! Son nom béni est Muhammad.»

Ces versets sont en contradiction flagrante avec l’Inspiration divine dans l’Évangile et dans le Coran qui témoignent, tous deux, que Jésus est vraiment le Messie.

En outre, Muhammad ne prétendit jamais être le Messie, ni n’a dit que Jésus ne l’était pas. Il n’a jamais déclaré avoir été créé avant Jésus. Les enseignements du Coran sont contraires aux vulgaires tromperies de «l’évangile» de Barnabé et confirment fortement que Jésus est bien le Messie de Dieu.

Le but des auteurs de cet «évangile» - qui cache mal la main sioniste, - était de susciter une séparation entre Chrétiens et Musulmans, appliquant le principe de «diviser pour régner». Ils ont joué sur l’affection des Musulmans pour Muhammad, le présentant plus grand que Jésus. Les croyants superficiels sont tombés aveuglément dans ce piège, sans saisir le fond du problème. Ils ne réalisent pas qu’en niant le messianisme de Jésus et en l’attribuant à Muhammad, ils se transforment en contre-témoins du message coranique auquel ils prétendent pourtant appartenir.

Le Coran parle-t-il de falsification?

Les propagateurs de la rumeur de la falsification de la Bible, s’appuient sur certains versets coraniques. Ils oublient que le Coran se présente comme témoin de la Bible. Nous mentionnerons certains versets coraniques auxquels se réfèrent les adeptes de la falsification et démontrerons que l’intention du Coran est de dénoncer ceux qui falsifient l’interprétation des versets bibliques. Le Coran ne vise donc pas les versets bibliques mais la mauvaise foi des interprètes. Le Coran dit:

«Désireriez-vous maintenant, ô Musulmans que les Juifs deviennent croyants à cause de vous? Un certain nombre d’entre eux cependant obéissaient à la Parole de Dieu (dans la Bible), mais par la suite ils l’altérèrent sciemment après l’avoir comprise.» (Coran II; La Vache,75)

«Ceux à qui nous avons donné le Livre (La Bible), le connaissent comme ils connaissent leurs enfants. Et une partie d’entre eux taisent la vérité sciemment.» (Coran II; La Vache,146)

Ces interprètes mal intentionnés altérèrent sciemment, en toute connaissance de cause, le sens des versets bibliques, «après les avoir compris». Il s’agit d’une falsification dans l’interprétation de la parole de Dieu. Ailleurs, le Coran révèle aussi:

«Quelques-uns d’entre eux tordent les paroles du Livre avec leur langue pour vous faire croire que ce qu’ils disent se trouve dans le Livre, mais ceci ne fait pas partie du Livre. Ils disent: Ceci vient de Dieu. Mais cela ne vient point de Dieu. Ils disent des mensonges contre Dieu alors qu’ils savent.» (Coran III; Famille d’Imran,78)

Remarquez que ces gens-là «tordent leur langue», ils ne falsifient pas les textes bibliques. En «tordant leur langue», ils présentent des interprétations fausses - qui les arrangent - pour faire croire que ce qu’ils disent vient de Dieu. «Mais ceci ne vient point de Dieu».

Telle est notre interprétation des versets cités ci-dessus, versets que des gens mal intentionnés veulent «tordre» pour calomnier l’Évangile. Le Coran accuse les Juifs notamment d’avoir recours à ce genre de pratique:

«Parmi les Juifs, il y en a qui détournent le sens des Paroles (des Écritures)…» (Coran IV; Les Femmes,46)

«Ceux qui détournent le sens des Paroles», les dévient du sens voulu par Dieu, en présentant une fausse interprétation. Le Coran dit encore à ce propos:

«Ils (les Juifs) ont violé le pacte conclu, et Nous les avons maudits. Nous avons endurci leurs coeurs. Ils dévient les Paroles des Écritures de leur place et oublient une partie de ce qui leur fut enseigné…» (Coran V; la Table,13 et 15)

Il est clair que la «déviation de la Parole» vise, ici, les fausses interprétations de l’Intention divine.

Mais le Coran n’est pas seul à dénoncer les scribes juifs. Dans l’Ancien Testament, le prophète Jérémie s’était déjà insurgé contre eux pour la même raison:

«Comment pouvez-vous dire: Nous sommes sages et nous avons la Loi de Yahvé! Vraiment c’est en mensonge que l’a changée la plume mensongère des scribes.» (Jérémie 8,8)

Il est important de méditer ces paroles inspirées de Jérémie pour atteindre l’Intention divine qui s’y révèle: démasquer les scribes juifs qui défigurent le message biblique par leurs fausses interprétations.

Nous avons démontré que le texte biblique est authentique. Le texte actuellement en nos mains correspond donc parfaitement au texte connu avant le Messie. Ce texte est confirmé par les Rouleaux de la «Mer Morte». C’est ce texte-là qu’ont connu le Messie et le Prophète Muhammad. Aucune falsification ne s’y trouve; aucune main humaine ne peut le falsifier car Dieu, dans sa Sagesse infinie, veut que ce texte entier de l’Inspiration divine parvienne jusqu’à nous. La raison en est que Dieu veut nous informer de son plan de salut en faveur de l’humanité entière, ainsi que de l’influence néfaste de l’esprit sioniste sur les chefs et les scribes juifs.

En effet, les scribes en transcrivant la Bible, ajoutèrent, en faveur du plan sioniste, beaucoup de textes faussement attribués à Dieu, comme l’a bien souligné le Coran. Ces textes se trouvent encore aujourd’hui dans la Bible. Dieu, dans sa Sagesse, a permis qu’ils y demeurent pour révéler la main sioniste qui les a introduits afin de justifier, au nom de Dieu, des traditions humaines, non voulues de Dieu. Ces versets sont autant de parasites facilement détectables par tout homme avisé.

Jésus n’a pas manqué de dénoncer ces scribes et ces pharisiens «hypocrites»:

«Pourquoi transgressez-vous le commandement de Dieu au nom de votre tradition!… Vous avez annulé la Parole de Dieu au nom de votre tradition. Hypocrites! Isaïe a bien prophétisé de vous, quand il a dit: ce peuple m’honore des lèvres mais leur coeur est loin de Moi. Vain est le culte qu’ils me rendent. Les doctrines qu’ils enseignent ne sont que préceptes humains.» (Matthieu 15,3-9)

Il faut donc souligner que la Bible nous invite Elle-même à discerner entre l’Inspiration divine et l’inspiration sioniste qui s’y trouvent. Le croyant ne doit pas s’éloigner de la Bible en raison de cette infiltration sioniste. Au contraire, cet état de fait doit inciter les coeurs forts et vaillants à scruter la Bible afin d’en extraire les trésors, en dépit des écueils. C’est ainsi qu’ont agi Jérémie, Jésus et Muhammad.

Par ailleurs, le respect du Prophète Muhammad envers la Bible est une garantie supplémentaire et suffisante pour tous les Musulmans qui veulent y recourir. Car Dieu Lui dit dans le Coran:

«Dis-leur (aux Arabes qui méprisaient la Bible): Apportez donc d’auprès de Dieu un autre livre qui soit un meilleur guide que Ces Deux-là (la Torah et l’Évangile) et je le suivrai.» (Coran XXVIII; Le Récit,49)

Quel meilleur témoignage en faveur de la Bible peut-on demander à ce noble prophète arabe? Il est clair, que dans la mentalité du Prophète de l’Islam, la Bible est bien inspirée par Dieu. Nous voulons préciser: La Bible dans son texte actuel puisque c’est ce même texte que Muhammad connut.

Dans le verset cité ci-dessus, Dieu fait de Muhammad l’Apôtre, non seulement du Coran, mais aussi de la Bible, le Coran étant une Inspiration arabe de la Bible. C’est la raison pour laquelle Dieu, dans le Coran, demande à Muhammad de ne pas exiger des gens de la Bible d’avoir recours à lui comme juge, car ils ont la parole de Dieu dans la Bible:

«Mais comment te prendraient-ils pour juge quand ils ont la Bible où sont renfermés les préceptes du Seigneur…» (Coran V; la Table,43)

«Que les gens de l’Évangile jugent d’après ce que Dieu y a inspiré. Ceux qui ne jugent pas d’après ce que Dieu a inspiré sont infidèles.» (Coran V; la Table,47)

Le Prophète Muhammad invite tous les croyants arabes à suivre la voie «de ceux qui les ont précédés» dans la foi, les Juifs et les Chrétiens fidèles mûris par les Eaux spirituelles de la Bible. Le Coran dit:

«Dieu veut vous expliquer clairement ses volontés et vous guider dans le chemin de ceux qui vous ont précédés…» (Coran IV; Les Femmes,26)

«… Ô croyants (arabes) croyez en Dieu, en son Apôtre (Muhammad), au Livre (le Coran) qu’Il lui a envoyé, et au Livre (Bible) qu’Il a révélé auparavant. Quiconque ne croit pas en Dieu, à ses Anges, à ses Livres et ses messagers et au Jour Dernier se trouve dans une profonde perdition.» (Coran IV; Les Femmes,136)

Tel est le commandement du Coran: croire non seulement en Muhammad et au Coran, mais aussi aux Écritures inspirées par Dieu avant le Coran: la Torah et l’Évangile dans leur texte actuel. Tout vrai croyant, Juif, Chrétien ou Musulman, ne peut que croire en la totalité de l’Inspiration biblico-coranique.

Que le Dieu Tout-Puissant rassemble ses élus, tous les coeurs sincères, tous les hommes de bonne foi, autour de son Inspiration une et indivisible, afin qu’ils forment une seule unité face aux puissances du mal qui cherchent à les fragmenter.

1.6. La vie du Prophète Muhammad

Certains orientalistes reprochent au Prophète Muhammad la multiplicité de ses épouses et le grand nombre de ses guerres. Nous allons exposer les raisons qui justifient ces comportements qui, pour notre époque, paraissent inacceptables et incompatibles avec un prophète.

1.6.1. Les mariages de Muhammad

Un des reproches concerne le mariage de Muhammad avec Zaynab, fille de Jahsh. Zaynab était la femme de Zayd, le fils adoptif de Muhammad. Après son divorce, Muhammad dut l’épouser. Les Musulmans ne font aucun effort pour présenter la meilleure explication de ce mariage. Celle que nous donnerons plus loin s’adapte parfaitement au caractère et à la vie intègre du Prophète Muhammad. En effet, certaines interprétations islamiques officielles de ce mariage ont pour conséquence l’éloignement des orientalistes - et de beaucoup de Chrétiens - du Coran et du Prophète Muhammad. Les savants Musulmans l’interprètent ainsi: «Après le mariage de Zaynab avec Zayd, le regard du Prophète s’arrêta sur Zaynab et l’amour pour elle envahit son coeur».

Cette explication n’est ni certaine ni définitive: elle est le fruit d’une mentalité particulière des interprètes arabes de l’époque. Or, la recherche dans le domaine de l’interprétation demeure ouverte. Elle est connue dans l’Islam sous le nom de «Ijtihad» qui signifie «effort», car il s’agit de s’efforcer comme le prescrit le Coran, de rechercher la meilleure interprétation. C’est ce que nous avons fait et nous pensons l’avoir trouvée. Nous l’expliquerons par la suite, après avoir brièvement exposé la vie du Prophète.

Muhammad est né en l’an 570 de notre ère, à La Mecque. Il est mort le 8 juin 632. Son père, Abdallah mourut quelques mois avant sa naissance et sa mère, Aména mourut quand il n’avait que cinq ans environ. Orphelin, il fut pris en charge par son grand-père, Abd-El-Muttalleb. Ce dernier mourut trois ans plus tard, le laissant aux soins de son fils Abi-Taleb, l’oncle paternel de Muhammad qui l’aimait beaucoup en raison de la droiture de ses moeurs. Abi-Taleb est le père d’Ali, le cousin bien-aimé de Muhammad et son fidèle ami pour la vie. Ali épousa par la suite Fatima, la fille bien-aimée de Muhammad. Abd-El-Muttalleb, le grand-père de Muhammad, était un notable de la famille de Bani-Hashim de la tribu de Quraish de La Mecque. Il avait dix fils dont Abdallah (père de Muhammad), Abi-Taleb (l’oncle qui l’a hébergé et adopté), Hamza (qui crut en Muhammad), et Abu-Lahab (qui l’a combattu)
Aména, la mère de Muhammad, était la soeur de Waraka-Ibn-Nofal que nous avons déjà mentionné. Ce dernier était le cousin de Khadija, la première épouse de Muhammad. Muhammad passa sa jeunesse à La Mecque et il fut connu pour son intégrité, sa chasteté et la droiture de ses moeurs. Il aimait l’isolement et la méditation et ne partageait pas avec les autres jeunes de son âge le goût de la vie mondaine. Les habitants de La Mecque l’appelaient «l’Honnête» (en arabe: «El Amine») à cause de sa fidélité et de son honnêteté. Son amour pour la prière et pour la méditation le menait souvent dans les grottes des montagnes surplombant La Mecque. Là, il fuyait le tumulte de la cité pour approfondir la recherche de la spiritualité.

Ceci ne l’empêchait pas pour autant de participer à la vie commerciale de La Mecque. Il s’occupait des caravanes de marchandises qui transitaient entre le Yemen et la Syrie. Muhammad était employé chez sa cousine Khadija - veuve d’un riche commerçant mecquois - dont il menait les caravanes vers la Syrie, pour le commerce. Elle fut attirée par son honnêteté lors des transactions et lui envoya Abi-Taleb (l’oncle de Muhammad qui l’hébergeait) pour lui parler de mariage. Muhammad accepta. Il avait alors 25 ans et Khadija en avait 40.

Le mariage fut heureux jusqu’au bout. Ils eurent trois garçons morts en bas âge et quatre filles: Rokaya, Zeinab, Om-Kalthoum et Fatima, la bien-aimée de Muhammad.

Durant ses nombreux voyages en Syrie, Muhammad connut plusieurs moines chrétiens dont le fameux moine Bohaira auquel Muhammad se lia par une profonde amitié. Bohaira avait admiré en Muhammad sa haute moralité et lui parlait souvent des prophètes et du Messie. Ainsi Dieu le préparait déjà, à son insu, à une grande mission.

Quand l’âme de Muhammad fut mûrie par la contemplation, à l’âge de 40 ans, le Ciel se manifesta à lui. L’Ange Gabriel lui apparut alors qu’il était solitaire dans une grotte près de La Mecque nommée «Harra». Le Prophète, la vision terminée, accourut inquiet vers Khadija, son épouse, et lui relata le fait. Ces versets se trouvent dans le Coran XCVI; Le Sang coagulé,1-3. Nous reproduisons ici l’histoire telle que rapportée par Bokhari:

«Gabriel se présenta à moi et me dit: Lis (la Bible)! Je répondis: Je ne sais pas lire (Muhammad était illettré) L’Ange me prit et me couvrit jusqu’à ce que je retrouve mon calme, puis il me dit: Lis. J’ai répondu: Je ne sais pas lire. Il me prit, il me couvrit une deuxième fois jusqu’à ce que je retrouve mon calme et il me dit: Lis. Je répondis: Je ne sais pas lire. Il me prit, me couvrit une troisième fois et m’envoya en disant: Lis, au nom de ton Dieu qui a créé. Il créa l’homme du sang coagulé. Lis, car Dieu est généreux. Et le prophète retourna avec ces paroles gravées en lui, le coeur tremblant, chez Khadija fille de Khowaylid et lui rapporta tout ce qui était arrivé. Il lui dit: J’ai craint pour ma personne.»

Telle fut la première vision de Muhammad. Il en trembla comme avaient tremblé avant lui Moïse, Jérémie, Daniel et d’autres prophètes. Khadija décida d’aller avec Muhammad voir Waraka-Ibn-Nofal, son cousin. Celui-ci était chrétien et transcrivait des textes bibliques. Waraka le tranquillisa en lui disant que ceci correspondait au message de Moïse, au message biblique. Bokhari rapporte l’histoire ainsi:

«Muhammad se rendit donc avec Khadija chez Waraka-Ibn-Nofal qui était devenu vieux et aveugle. Khadija lui dit: Cousin, écoute ce que ton neveu (Muhammad) désire te communiquer. Waraka lui dit: Mon neveu, qu’y a-t-il? Le prophète l’informa alors de sa vision. Waraka lui dit: C’est la Loi de Moïse que Dieu a fait descendre sur lui. Ah! que ne puis-je demeurer en vie pour participer à cette mission. Que ne puis-je demeurer en vie quand ton peuple te reniera. Et le Prophète Muhammad de s’exclamer: Me renieront-ils? Il répondit: Oui, nul homme ne donne ce que tu viens donner, sans avoir d’ennemis. Et si cela m’est accordé, je te soutiendrai jusqu’à ta victoire. Waraka ne tarda pas à mourir.»

Ainsi, Waraka attesta l’authenticité de la vision et lui certifia que son message était biblique. Le message est donc un et la mission est la même. Il est important que ce fait soit relevé.
La prophétie de Waraka s’est accomplie car les habitants de La Mecque, dont la tribu principale est la tribu de Quraish, combattirent farouchement le Prophète.

Au début, et pour longtemps, seul un petit groupe avait cru en Muhammad. Khadija son épouse, fut la première des croyantes. La nouvelle religion qui commençait à poindre à La Mecque inquiéta les marchands d’idoles et les puissants de la ville qui prélevaient des taxes et profitaient des pèlerinages païens qui s’y tenaient. La croyance monothéiste représentait un grand danger pour leur commerce, leur pouvoir et leur hégémonie. Ils se transformèrent donc en ennemis jurés de Muhammad et de ses disciples et les persécutèrent fortement.

Le Prophète supporta courageusement le poids pénible de sa mission et sut patienter bien que cela lui ait coûté son argent et son repos. Il refusa de s’opposer par les armes à ses ennemis armés, s’abstenant même de porter une épée pour se défendre. Il conseilla à ses disciples de fuir La Mecque et de se réfugier en Éthiopie, pays chrétien. Parmi ses disciples, douze d’entre eux se rendirent chez le Négus, l’empereur d’Éthiopie. Il les accueillit et leur octroya le droit de refuge, leur assurant un séjour tranquille.

Dix ans durant, Muhammad aura supporté la persécution à La Mecque, en y prêchant en vain le monothéisme, n’ayant autour de lui qu’un nombre restreint de fidèles. L’opposition de la tribu de Quraish augmentait en violence au point de menacer la vie de Muhammad et de ses disciples. Il y eut plus d’un attentat contre sa vie. Muhammad dut finalement se résigner à fuir La Mecque et se rendit à Yathreb, par la suite nommée «Al Madina», qui en arabe signifie «La Cité», c’est-à-dire la Cité du Prophète.

Muhammad quitta secrètement La Mecque, durant la nuit, ayant été averti qu’un complot se tramait contre lui pour le tuer. Cette nuit même, Ali, son cousin, le remplaça dans sa maison et même dans son lit pour simuler sa présence, lui sauvant ainsi la vie. Dans cette cité, de nombreux adeptes le protégeaient et seuls les Juifs de Yathreb constituaient une menace pour lui.

Avant la fuite vers Yathreb, deux évènements douloureux frappèrent le Prophète: la mort de son oncle protecteur Abi-Taleb (ceci précipita les complots contre lui) et celle de sa chère épouse Khadija, compagne fidèle de sa vie et de sa mission. Elle était son appui spirituel, l’avait confirmé dans sa foi et lui avait donné confiance en lui-même. L’année de la mort de ces deux personnes chères à Muhammad fut nommée «l’An de Tristesse».

Les gens de la tribu de Quraish, menés par le notable Abi-Sifian, essayèrent de soudoyer Muhammad. Ils déléguèrent un comité à son oncle Abi-Taleb, peu avant sa mort, alors qu’il était déjà sur son lit de malade, afin d’obtenir son intervention auprès de Muhammad. Ils proposèrent à Muhammad de l’argent, de la gloire et même la royauté, à condition de renoncer au monothéisme. Ils lui dirent: «Si ton intention dans la prédication est l’argent, nous t’en donnerons. Nous ramasserons de notre argent afin que tu sois le plus riche d’entre nous. Si tu désires l’honneur, nous t’établirons comme chef et rien ne se décidera sans ton consentement. Si tu veux le royaume, nous ferons de toi notre roi; quant au Dieu unique, non!»

En entendant ces paroles, le Prophète s’attacha encore davantage à sa mission et dit: «Par Dieu, si vous me donnez le soleil dans ma droite et la lune dans ma gauche pour me faire renoncer à cette affaire, je n’y renoncerai pas». À la mort de son oncle Abi-Taleb qui cherchait à tempérer entre les gens de Quraish et Muhammad, la tension était à son paroxysme.

Peu avant sa fuite pour «Yathreb», Muhammad vécut le miracle du Voyage Mystique relaté dans la Sourate XVII, nommé «Le Voyage Nocturne». Ce fait mystique et historique est très important dans la vie de Muhammad et de ses disciples; il constitue une plaque tournante de sa mission. En cette nuit, Muhammad était chez sa cousine Hind, la soeur d’Ali, fils d’Abi-Taleb. Il vit l’Ange Gabriel se présenter à lui pour le transporter en vision sur un cheval nommé «Al Bouraq» (l’Eclair) vers le mont Sinaï, là où Dieu parla à Moïse. Puis il le prit à Bethléem, berceau du Messie et ensuite à Jérusalem, au site du Temple. De là, il l’éleva au Ciel, puis il le ramena à Jérusalem où il reprit son cheval pour retourner chez sa cousine Hind. «Le Voyage Nocturne» commence ainsi:

«Louange à Celui qui a transporté, pendant la nuit, son serviteur du Temple sacré de La Mecque, au Temple éloigné de Jérusalem, dont nous avons béni l’enceinte pour lui faire voir nos merveilles.» (Coran XVII; Le Voyage Nocturne,1)

Les habitants de Quraish refusèrent de croire à cette vision. Beaucoup de ses disciples-mêmes refusèrent d’y prêter foi et renoncèrent à le suivre. Après cette expérience, l’animosité à La Mecque augmenta encore à son égard et l’isolement du Prophète devint quasi-total. Le 24 septembre 622, Muhammad décida de fuir La Mecque pour Yathreb, «Al Médina». Cette fuite marque le début du calendrier de l’Hégire (de hijra: départ, fuite, émigration)
Après son départ, Muhammad prit plusieurs épouses, non par amour des femmes, comme plusieurs orientalistes le pensent, mais pour unifier les tribus arabes par des liens de parenté. La première épouse de Muhammad, Sawda, était la veuve d’un de ses douze disciples partis pour l’Éthiopie à la demande du Prophète, afin de fuir la persécution. Sawda n’était plus jeune et était mère de plusieurs enfants. Muhammad l’épousa par reconnaissance, pour la protéger et subvenir aux frais des enfants, car elle et son mari avaient compté parmi ses premiers disciples.

Il épousa également Aïcha, la fille d’un de ses premiers disciples, Abu-Bakr, pour resserrer les liens entre cet ami fidèle et lui. Aïcha n’avait que sept ans, mais elle demeura deux ans dans la maison de son père, avant d’intégrer le logis du Prophète. C’est durant ces deux ans qu’il épousa Sawda. Muhammad épousa aussi Hafsa, la fille d’Omar Ibn-El-Khattab, le second des quatre Califes qui lui succédèrent après sa mort.

Dans le même souci d’unifier les rangs arabes, il donna en mariage ses filles à des hommes choisis. Osman-Ibn-Affan, un de ses fidèles disciples qui devint le troisième des Califes, épousa ses filles Rokaya et Om-Kalthoum. Ali, son cousin, épousa Fatima, sa fille bien-aimée. Il donna en mariage sa fille Zeinab à Khaled-Ibn-El-Walid, un des officiers ennemis qui l’avait vaincu à Uhud, mais qui devint croyant par la suite. Muhammad lui-même en retour épousa la tante de Khaled, pour renforcer, par des liens matrimoniaux, la communauté des premiers croyants. Muhammad épousa, en outre, deux femmes d’un certain âge, Zaynab et Salma, parce qu’elles étaient veuves de deux martyrs tombés lors des combats.

Quant au mariage de Muhammad avec Zaynab, fille de Jahsh, auparavant l’épouse de son fils adoptif Zayd, les interprètes musulmans, à notre avis, font une erreur en présentant ce fait comme un lien d’amour humain.

Nous citerons ici les versets coraniques à ce sujet, en ajoutant le commentaire du «Jalalein», interprétation officielle et généralement admise que nous désapprouvons. Puis nous présenterons notre interprétation qui démontre la noblesse de l’intention du Prophète en épousant Zaynab. Le Coran dit à ce propos:

«Il ne convient pas à un croyant, ni à une croyante de suivre leur propre choix, si Dieu et son apôtre en ont décidé autrement. Quiconque désobéit à Dieu et à son apôtre, est dans un égarement manifeste.» (Coran XXXIII; Les Confédérés,36)

Interprétation du «Jalalein»:

Ce verset a été inspiré à propos de Abdallah-Ibn-Jahsh et de sa soeur Zaynab. Le Prophète avait l’intention de donner Zaynab comme épouse à son fils adoptif Zayd. Mais en arrivant chez le Prophète, Zaynab et Abdallah furent déçus en apprenant l’intention de Muhammad, ayant cru que Muhammad lui-même voulait épouser Zaynab et non la donner à son fils adoptif. Ils se soumirent néanmoins au jugement du Prophète, après que ce verset fut inspiré: «Quiconque désobéit à Dieu et à son apôtre est dans un égarement manifeste».

Le Prophète donna Zaynab en mariage à Zayd, mais par la suite, son regard s’arrêta sur elle et son coeur s’enflamma d’amour pour elle. Zayd la prit en haine. Il dit au Prophète: «Je veux divorcer d’avec elle.» Mais le Prophète lui dit: «Garde ton épouse auprès de toi.»

Notre interprétation:

Le Prophète Muhammad n’a pas éprouvé un amour passionnel pour Zaynab. C’est la raison pour laquelle il refusa le divorce de Zayd, d’autant plus que Muhammad, lui-même, avait invité Zaynab et son frère à la célébration du mariage de Zaynab avec Zayd. Celui-ci eut lieu malgré l’objection initiale de Zaynab et de son frère. Ils n’acceptèrent qu’après l’inspiration du prophète. Par la suite, l’intention de divorce de Zayd mettait le Prophète dans un embarras évident et exposait Zaynab au déshonneur et à l’infamie. Les gens auraient dit: «Le fils du Prophète l’a répudiée». C’était la mettre au ban de la société avec, pour conséquence, une animosité entre le Prophète Muhammad et les gens de la famille de Jahsh. Il ne restait plus devant Muhammad qu’une seule issue: à contrecoeur, épouser lui-même Zaynab afin qu’on dise: «Muhammad l’a épousée». C’était l’élever en dignité au lieu de l’abaisser.

Muhammad craignait néanmoins l’incompréhension de la société. Beaucoup auraient dit qu’il prit pour épouse la femme de son fils ayant été séduit par elle. C’est la raison pour laquelle il insista auprès de Zayd pour empêcher ce divorce. S’il avait été amoureux d’elle, il aurait apprécié et même désiré le divorce.

Zayd était esclave avant de connaître Muhammad. Ce dernier l’avait affranchi avant d’entamer sa mission et Zayd, par la suite, crut en l’Islam. Une double grâce lui fut donc accordée: celle de l’affranchissement et celle de la foi. C’est la raison pour laquelle Dieu, après le verset 36, poursuit en disant à Muhammad:

«Tu dis à cet homme (Zayd) que Dieu a gratifié (par l’Islam) et que tu as gratifié (en l’affranchissant): Garde ta femme et crains Dieu; et tu caches dans ton coeur ce que Dieu voit.» (Coran XXXIII; Les Confédérés,37)

Interprétation du «Jalalein»:

«Tu caches dans ton coeur» l’amour pour Zaynab et l’intention de l’épouser si Zayd l’éloigne.

Notre interprétation:

Le prophète ne cache pas dans son coeur son amour pour Zaynab, mais son souci, conscient de la gravité de la situation. Il réalise qu’en cas de divorce d’avec Zayd, il serait dans l’obligation de l’épouser lui-même pour ne pas la déshonorer. Par ailleurs, les gens ne comprendraient pas son intention profonde et interpréteraient mal son geste; ils penseraient, de surcroît, qu’il l’épousa par amour, ce que certains pensent encore aujourd’hui. Telle est la raison pour laquelle Dieu incita Muhammad à se conduire selon sa propre conscience, indépendamment de ce que pourraient penser les gens: «Et tu crains les hommes (car ils diraient qu’il a épousé la femme de son fils). C’est Dieu plutôt que tu dois craindre.»

Interprétation du «Jalalein» à propos de ce verset:

«Épouse-la donc sans te soucier des paroles des gens.»

Notre interprétation:

Le prophète doit agir sagement devant Dieu, ignorant les dires des hommes. Muhammad doit modeler son comportement en fonction du meilleur, non pas rechercher le moyen de plaire aux hommes, même si ceux-là devaient le calomnier en disant qu’il a épousé Zaynab par passion. Le Prophète doit tenir compte du jugement de Dieu qui connaît son intention cachée: épouser Zaynab pour lui éviter le déshonneur et pour éviter la discorde entre arabes.
Notre interprétation s’harmonise avec toute la vie du Prophète, particulièrement en ce qui concerne les motivations nobles et profondes de ses mariages.

1.6.2. Les principales batailles du Prophète Muhammad

À «Al Médina», la «Cité du Prophète», la «Cité Lumineuse», telle qu’elle fut encore nommée par la suite, Muhammad avait plusieurs disciples dont les deux tribus «Al Aws» et «Al Khazraj». Il n’y avait comme ennemis que les Juifs qui s’étaient alliés avec les idolâtres de La Mecque. C’est la raison pour laquelle le Coran dit:

«Tu constateras que les plus grands ennemis de ceux qui ont cru sont les Juifs et les idolâtres (de La Mecque). Ceux qui aiment le plus les croyants (au Coran) sont ceux qui disent: ‘Nous sommes chrétiens!’. C’est parce qu’ils ont des prêtres et des moines exempts de tout orgueil.» (Coran V; La Table,82)

Après sa fuite pour Al Médina, les Juifs de cette ville incitèrent les idolâtres de La Mecque à continuer à combattre Muhammad. Le Prophète avait, jusque-là, refusé de porter les armes, mais cette poursuite l’obligea à y recourir en situation de légitime défense. Il lui fallait défendre ses disciples, la première société des croyants, et sa propre vie contre les ennemis qui attaquaient Al Médina. Ceux-ci avaient déjà envahi les maisons des croyants à La Mecque et les avaient contraints à l’exil. Le Coran y fait allusion dans le verset suivant:

«Ceux qui ont été injustement chassés de leurs foyers uniquement pour avoir dit: ‘Notre Seigneur est le Dieu unique’.» (Coran XXII; Le Pèlerinage,40)

C’est la raison pour laquelle Muhammad jugea qu’il fallait se défendre à Al Médina. La légitime défense est non seulement un droit mais également un devoir. Dieu autorisa donc au Prophète le combat:

«Dieu a permis à ceux qui ont subi l’injustice de combattre leurs ennemis. Dieu est capable de leur donner la victoire.» (Coran XXII; Le Pèlerinage,39)

«Combattez-les jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de sédition et que le culte soit rendu à Dieu en sa totalité.» (Coran VIII; Le Butin,39)

Avant d’aborder ce sujet des combats, il est important de souligner que Muhammad, selon les versets coraniques cités, ne prit jamais l’initiative d’une bataille, mais se trouvait toujours en situation de défense. En certaines circonstances, Muhammad fut accusé d’avoir pris l’initiative, mais il s’agissait d’une poursuite de l’ennemi, d’un combat qui parachevait un autre.

L’invasion de Badr

Durant cette première bataille, les Musulmans affrontèrent, au nombre de 300 seulement, les idolâtres de la tribu de Quraish de La Mecque, au nombre de 1000. Malgré leurs effectifs réduits, les Musulmans triomphèrent des idolâtres et ce fut une grande joie et un grand signe pour eux. Cette bataille eut lieu en l’an II de l’Hégire.

L’invasion de Uhud

Les idolâtres de la tribu de Quraish de La Mecque, incités par les Juifs de Al Médina, attaquèrent Muhammad à Uhud, une banlieue de Al Médina. Les Quraishites, forts d’une alliance secrète avec les Juifs, étaient menés par le chef de l’armée, Khaled Ibn-El-Walid qui, par la suite, se convertit à l’Islam et épousa Zaynab, la fille de Muhammad. Cette bataille s’acheva par la défaite des Musulmans et la mort de Hamza, l’oncle bien-aimé de Muhammad. Durant cette invasion, le Prophète prit conscience de l’alliance secrète entre les Juifs de Al Médina et les idolâtres de Quraish et décida de mettre fin à la puissance juive.

L’invasion des «Tranchées»

Cette invasion fut nommée ainsi car une tranchée fut creusée autour de Al Médina pour empêcher les Quraishites d’y avoir accès. Les Juifs, à nouveau, exhortèrent les idolâtres de La Mecque au combat contre les Musulmans. Les Mecquois ont donc encerclé Al Médina avec un effectif considérable de 10 000 hommes. Muhammad avait à ses côtés un ex-combattant perse, Salmane. C’était un militaire chrétien avisé au combat. Il conseilla à Muhammad de creuser une tranchée autour de Al Médina et les chevaux des Mecquois ne parvinrent point ainsi à envahir la ville. Cela sauva Muhammad et les siens. Cette bataille eut lieu en l’an V de l’Hégire (627 ap. J.-C.) Les Mecquois croyaient en une victoire facile, mais ils furent bloqués dans le désert avec des vivres qui diminuaient et un froid glacial. Ils furent donc contraints au retrait.

L’invasion de Bani-Qorayza

L’invasion du village juif de Bani-Qorayza fait suite à l’invasion des Tranchées. Muhammad avait entre-temps découvert le complot des Juifs dirigé contre lui et leur rôle déterminant dans l’invasion des Tranchées. Muhammad décida de les poursuivre. Les Juifs avaient fui dans le village de Bani-Qorayza où il les attaqua et les anéantit. Les survivants gagnèrent leur dernier refuge dans la Péninsule Arabique, une forteresse juive dans la ville de Khaybar. C’est en ce lieu que se déroula par la suite le dernier combat de Muhammad contre les Juifs.

Après les invasions des Tranchées et de Bani-Qorayza, les assises de l’Islam dans la péninsule Arabique furent consolidées et Muhammad connut un temps de paix. Les Arabes commencèrent à le craindre et cherchaient à établir des liens pacifiques avec lui.

Le pacte de Hudaybiyya

Six ans après la sortie du Prophète et de ses disciples de La Mecque, ces derniers voulurent y retourner en pèlerinage. Le Prophète prit la tête d’une marche pacifique vers La Mecque. Ils s’arrêtèrent dans un lieu, aux alentours de La Mecque, nommé Hudaybiyya. Les gens de Quraish refusèrent aux Musulmans l’autorisation de pénétrer en pèlerins dans La Mecque. Des pourparlers furent organisés et aboutirent au «Pacte de Hudaybiyya» en vertu duquel une trêve de dix ans fut proclamée. Ce pacte permettait aux Musulmans de se rendre en pèlerinage à La Mecque l’année suivante et pour une période de trois jours seulement.

Les pèlerins et Muhammad retournèrent donc trois semaines plus tard à Al Médina. Le pacte de Hudaybiyya permit à Muhammad de répandre son message dans toute la péninsule Arabique et contribua à manifester le visage pacifique de l’Islam. Un bon nombre d’Arabes embrassèrent la religion monothéiste et se rallièrent au Prophète. À cette époque, le grand officier Khaled-Ibn-El-Walid, converti à l’Islam, épousa Zeinab, la fille du Prophète, après avoir combattu les Mulsumans à Uhud. En retour, Muhammad épousa Maymouna, la tante de Khaled, consolidant ainsi l’unité entre eux.

Émissaires de Muhammad aux Rois

La situation s’étant calmée dans la Péninsule Arabique, Muhammad envoya des émissaires chargés d’une lettre, aux principaux rois, leur demandant d’adhérer à la foi mulsumane et à son message. Les rois sollicités furent Héracle, le roi byzantin, Xerxès, le roi perse, le Négus «Ahmassa» d’Éthiopie et, enfin, le Chef de la communauté Copte en Égypte. Dans le chapitre VI, nous reproduisons le contenu de la lettre envoyée au roi Héracle.

L’invasion de Khaybar

La paix étant généralisée dans la Péninsule Arabique, il ne restait plus devant Muhammad qu’une menace émanant des Juifs retranchés à Khaybar. Un mois après le pacte de Hudaybiyya, Muhammad sortit lui-même à la tête d’une armée musulmane et encercla la ville et la forteresse. Les Musulmans se lancèrent vaillamment au combat sans crainte de la mort et triomphèrent après un combat acharné et farouche. C’était la 7e année de l’Hégire, 629 apr.J.-C.

Dix ans après l’Hégire, la lumière de l’Islam s’était répandue dans la totalité de la péninsule Arabique où Musulmans et Chrétiens vivaient en paix. Muhammad fit une entrée triomphale et pacifique à La Mecque, sans rencontrer de résistance. Il entra dans la «Quâba» et en détruisit les idoles. Il prononça alors ces paroles:

«Dis: La vérité est venue et le mensonge est vaincu! car le mensonge est destiné à être vaincu.» (Coran XVII; Le Voyage Nocturne,81)

Muhammad pardonna généreusement à ses ennemis - Abi Sifian et tous ceux qui avaient pris la tête de la résistance contre lui - et ne chercha pas à se venger.

Ce noble Prophète mourut la 11e année de l’Hégire, l’année 632 de notre ère, à Al Médina, où se trouve actuellement son tombeau.