Cet article est divisé en plusieurs pages :
1. Les principes de l’étude
Notre étude de l’Inspiration divine est fondée sur les principes immuables suivants:
- Le retour au texte coranique lui-même
- La recherche du sens spirituel du texte
- La pédagogie divine dans l’Inspiration
- L’unité de l’Inspiration
En respectant ces principes dans l’étude de l’Inspiration biblico-coranique nous parviendrons à pénétrer l’intention divine pour finalement découvrir l’unité des deux révélations.
1.1. Le retour au texte coranique
Dieu exige des croyants la prudence dans la recherche des vérités spirituelles. Il leur demande de toujours s’appuyer sur les Livres inspirés et d’ignorer les rumeurs propagées par les fauteurs de troubles. Dieu met en garde en disant:
«Il est des hommes qui discutent de Dieu sans connaissance, sans avoir reçu aucune direction, sans être guidés par un Livre lumineux.» (Coran XXII; Le Pèlerinage,8)
Le Livre lumineux auquel nous avons recours pour comprendre l’esprit du Coran est le Coran lui-même, étayant nos arguments par ce Livre inspiré et par la Bible, afin de manifester l’unité qui existe entre les Livres inspirés. C’est intentionnellement que nous ne prêtons aucune attention aux vaines protestations de ceux qui se plaisent aux controverses superficielles pour épargner leur temps et le nôtre.
Cette nécessité d’avoir recours à un Livre lumineux fut ressentie par les Apôtres du Messie eux-mêmes, pour convaincre les Juifs que Jésus était vraiment le Messie annoncé par les prophètes de l’Ancien Testament. En effet, l’Inspiration évangélique dit que les Juifs qui ont cru au Messie ont
«…accueilli la Parole (annoncée par les Apôtres) avec joie et scrutaient quotidiennement ce qui était écrit dans les Livres afin de s’assurer de l’exactitude de ce qu’ils entendaient.» (Actes 17,11)
Le Messie avait agi de même avec ses Apôtres après sa résurrection:
«Il leur interpréta dans toutes les Écritures, à commencer par Moïse et parcourant tous les prophètes, ce qui Le concernait.» (Luc 24,27)
Le croyant avisé doit donc constamment se référer aux Livres lumineux s’il recherche une direction solide afin de fonder sa foi sur la connaissance, à l’exemple des Apôtres, ses prédécesseurs.
1.2. La recherche du sens spirituel du texte
Dieu nous a commandé de rechercher toujours le sens spirituel des textes inspirés, nous mettant en garde contre le piège de l’interprétation littérale et restreinte qui dévie de l’intention divine. L’Inspiration divine a pour but d’embraser nos coeurs et stimuler notre intérêt pour la vie spirituelle éternelle qui dépasse sans commune mesure la vie corporelle. C’est pourquoi le Coran, après l’Évangile et la Torah, nous incite et nous sensibilise à nous attacher à l’esprit à travers la lettre. Le Coran dit en effet:
«Il en est qui servent Dieu, mais à la lettre. Si un bien les atteint, ils s’en rassurent, et si un mal les atteint, ils tombent sur la face, perdant ce monde et l’autre. Voici manifestement le perdant.» (Coran XXII; Le Pèlerinage,11)
Nous retrouvons la même mise en garde dans l’Évangile dans un style différent:
«… C’est Dieu qui nous a qualifiés pour être ministres d’une Alliance Nouvelle, non de la lettre, mais de l’Esprit; car la lettre tue, mais l’Esprit vivifie.» (2 Corinthiens 3,6)
Le Messie nous recommande de ne pas comprendre l’Inspiration à la lettre, de ne pas nous attarder sur le sens littéral, mais de nous élever à l’intention divine qui se manifeste par des paroles prophétiques:
«C’est l’esprit qui vivifie, la chair ne sert de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie.» (Jean 6,63)
L’Ancien Testament nous invite aussi à dépasser la lettre pour rejoindre l’Esprit. Nous citons comme exemple la circoncision et le jeûne. Le prophète Jérémie (VIe siècle avant Jésus-Christ) dit à propos de la circoncision:
«Circoncisez-vous pour Yahvé, ôtez le prépuce de votre coeur.» (Jérémie 4,4)
Ce grand prophète avait donc compris que l’intention divine à propos de la circoncision visait la purification du coeur, non l’ablation du prépuce, un acte spirituel, non physique, qui lave l’âme des pensées et des tendances impures. C’est pourquoi St Paul dit encore à ce propos:
«La circoncision n’est rien, rien non plus l’incirconcision; ce qui compte, c’est d’observer les commandements de Dieu.» (1 Corinthiens 7,19)
En effet, ceux qui observent les commandements de Dieu ont été
«circoncis d’une circoncision qui n’est pas de main d’homme par l’entier dépouillement du corps charnel.» (Colossiens 2,11)
Telle est la circoncision spirituelle opérée par la main de Dieu pour purifier l’âme par le repentir et la grâce. Celle-ci ne peut être comparée à la circoncision physique faite de main d’homme, incapable de laver l’âme des souillures.
La circoncision, le jeûne, les sacrifices, le pèlerinage… etc sont tous des symboles «allégoriques» qui évoquent des réalités spirituelles; ils font partie des «allégories» qu’il faut interpréter spirituellement, non littéralement, comme continuent à faire
«ceux qui, ayant du penchant à l’erreur dans leur coeur, s’attachent aux allégories pour semer la discorde et par désir de les interpréter alors que nul autre que Dieu n’en connait l’interprétation. Ceux qui sont bien enracinés dans la science disent: Nous y croyons, tout est de Notre Seigneur. Mais seuls s’en rappellent sans cesse les doués d’intelligence.» (Coran III; La Famille d’Imran,7).
L’interprétation des «allégories» n’est connue que de Dieu comme le révèle le Coran. Comment donc certains osent-ils les interpréter de manière et dans un style qui suscitent la zizanie et la division entre frères? Quant à nous, nous n’avançons pas une interprétation propre à nous, mais nous avons eu recours à la Parole de Dieu dans la Bible, et particulièrement dans les Livres de l’Évangile. Là nous avons trouvé l’interprétation de Dieu Lui-même concernant les «allégories», et ce par sa propre «Parole qu’Il a jetée en Marie» (Coran IV; Les Femmes 171). La Parole de Dieu s’incarna en Elle pour éclairer le monde sur les intentions de Dieu dans son Inspiration. Cette Parole bénie ne se trompe pas; elle surpasse et confond toute interprétation humaine. Seuls «les doués d’intelligence» qui sont ouverts librement et sans contention sur l’ensemble de l’Inspiration biblico-coranique parviendront à s’instruire de cette Parole Divine. Tous ceux qui se sont laissés prendre dans les filets du fanatisme peuvent se libérer de cet esclavage infernal s’ils se laissent guider par la Parole totale de Dieu. Ils éviteront ainsi le jugement sévère de Dieu et glorifieront alors sa sainte Inspiration biblico-coranique en répétant avec le Coran:
«Nous y croyons, tout est de notre Seigneur.» (Coran III; La Famille d’Imran,7)
Quant au jeûne, le prophète Isaïe (VIIIe siècle avant Jésus-Christ) l’avait depuis longtemps expliqué en disant que l’intention divine ne visait pas le boire et le manger, mais les oeuvres de justice:
«Ne savez-vous pas quel est le jeûne qui me plaît? Oracle du Seigneur Yahvé: rompre les chaînes injustes, délier les liens du joug: renvoyer libres les opprimés, briser tous les jougs, partager ton pain avec l’affamé, héberger les pauvres sans abri, vêtir celui que tu vois nu et ne pas te dérober devant celui qui est ta propre chair.» (Isaïe 58,6-7)
Oui, en effet, nous croyons que le vrai jeûne est de retenir la langue des paroles vaines, des calomnies qui portent atteinte aux hommes, de s’abstenir de manger les biens d’autrui. Telle est la nourriture dont il faut s’abstenir, comme avait dit le Christ:
«Écoutez et comprenez, ce n’est pas ce qui entre dans la bouche qui rend l’homme impur, mais ce qui sort de la bouche procède du coeur, et c’est cela qui rend l’homme impur. Du coeur, en effet, procèdent mauvais desseins, meurtres, adultères, débauches, vols, faux témoignages, diffamations. Voilà les choses qui rendent l’homme impur.» (Matthieu 15,10-20)
Le Coran, inspiré pour confirmer l’Évangile, confirme ces paroles bouleversantes de Jésus. En effet, il y est rapporté dans la Sourate la Famille d’Imran les paroles adressées par Jésus aux Juifs:
«Je suis venu à vous avec un Signe de votre Seigneur… confirmant ce qui se trouve dans la Torah et afin de rendre licite pour vous une partie de ce qui vous était interdit.» (Coran III; Famille d’Imran,49-50)
Les disciples de Dieu comprirent qu’aucune nourriture n’est proscrite ni considérée impure par Dieu. La Torah et le Coran ne mentionnent ces interdits que pour préparer au concept du pur et de l’impur dans les actions et les comportements humains, s’adressant à des hommes qui ignoraient Dieu, le bien et le mal. C’est pour cette raison que Dieu revient sur ce sujet, et clarifie son intention sur le pur et l’impur dans la Sourate de la Table, expliquant que:
«Aujourd’hui, les bonnes choses vous sont permises. La nourriture de ceux auxquels le Livre (Bible) a été donné vous est permise et votre nourriture leur est permise.» (Coran V; La Table,5)
Dieu confirme encore cette intention plus loin dans la même Sourate:
«Ô vous les croyants, ne déclarez pas interdites les bonnes nourritures que Dieu vous a promises. Ne soyez pas des transgresseurs. Dieu n’aime pas les transgresseurs. Mangez ce que Dieu vous a accordé de licite et de bon.» (Coran V; La Table,87-88)
Il faut constater que ce commandement s’adresse aux croyants afin qu’ils le pratiquent: «Ô vous qui croyez», et non aux incroyants qui transgressent la volonté de Dieu en ne la pratiquant pas. Nous sommes de ceux qui croient aux paroles de Jésus qui a déclaré «licite une partie de ce qui était interdit» des nourritures, comme précédemment expliqué. Nous ne sommes pas des transgresseurs. Nous croyons aussi en Muhammad, son compagnon de mission céleste, qui fut envoyé pour confirmer l’Évangile et les paroles de Jésus qui s’y trouvent.
En vertu de cette foi qui est la nôtre, nous sommes décidés à ne pas interdire ce que Dieu déclare licite, car Dieu dit encore dans la Sourate de la Table:
«La nourriture de ceux qui croient et qui font le bien ne comporte pas de péché, s’ils craignent Dieu et s’ils croient et font le bien. Dieu aime ceux qui font le bien.» (Coran V; La Table,93)
Faire le bien! C’est cela le pur que Dieu prescrit. Faire le mal! Voilà l’impur que Dieu interdit. Aussi, dans la Sourate VI, les Troupeaux, Dieu demande à Muhammad de dire:
«Venez! Je vous dirai ce que votre Seigneur vous interdit: Ne Lui associez pas d’autres dieux… Éloignez-vous des péchés abominables… Ne tuez personne injustement; Dieu vous l’a interdit… Voilà ce que Dieu vous ordonne: Ne touchez pas à la fortune de l’orphelin… Donnez le poids et la mesure exacte… Lorsque vous jugez, soyez équitables. Voilà ce qu’Il vous ordonne. Peut-être réfléchirez-vous! Telle est ma Voie Droite. Suivez-là…» (Coran VI; Les Troupeaux,151-153)
À noter qu’il n’est pas question de nourriture pure et impure dans ces prescriptions divines de la Voie Droite. Il nous faut donc actuellement dépasser ces prohibitions culinaires et matérielles, pour mettre en pratique ce que Jésus dit dans l’Évangile de Matthieu et la Sourate de la Famille d’Imran. Seul un coeur mûri dans la foi saine, à l’écoute des directives de Dieu, parvient à se libérer des chaînes de la lettre pour se lancer dans cette «Voie Droite» de l’esprit prescrite par le Coran.
Ceci s’applique aussi au jeûne du Ramadan. Ce jeûne n’est pas obligatoire comme le prétendent les fanatiques puisque, comme le prescrit le Coran lui-même, «ceux qui pourraient jeûner et qui s’en dispensent, devront, en compensation, nourrir un pauvre» (Coran II; La Vache,184). Le vrai jeûne est donc de ne pas «manger l’argent des autres», comme le prescrit le Coran ci-dessous. Ceux qui mènent une vie bien réglée, bien équilibrée en toute chose sont ceux qui jeûnent leur vie durant.
Nous avons vu des personnes qui jeûnent pour se rabattre sur la nourriture comme des fauves sur des tables bien garnies, et pour finir par vomir après leur repas pantagruéliques, déréglés, du soir à l’aube…
Heureux ceux qui comprennent l’intention divine et pratiquent l’équilibre et la maîtrise en toute chose.
C’est la raison pour laquelle le Coran prescrit:
«Il n’y a pas de contraintes en religion.» (Coran II; la Vache,256)
Cela s’applique aussi, bien sûr, au jeûne.
L’Inspiration coranique souligne aussi le fait que le jeûne est de s’abstenir d’entendre des propos mensongers et de manger l’argent des gens:
«Ceux dont Dieu n’aura point purifié le coeur seront couverts d’opprobre dans ce monde et souffriront dans l’autre un châtiment terrible. Écouteurs de mensonges, mangeurs d’argent illicite.» (Coran V; La Table,41-42)
Dieu dit aussi dans son Livre Saint:
«Ne mangez pas à tort vos biens entre vous; n’en faites pas présent aux juges pour manger une partie de l’argent des gens injustement; vous le savez bien.» (Coran II; La Vache,188)
Il apparaît clairement de ces versets que la purification voulue est celle du coeur, et que le jeûne est de s’abstenir d’écouter le mensonge et de «manger» l’argent injustement sans jamais se rassasier, non de s’abstenir de manger des mets matériels pour un temps limité.
Moïse donna aux Juifs une Loi, la Torah. Certains s’entêtent, aujourd’hui encore, à comprendre cette Loi à la lettre, refusant de s’ouvrir à l’intention divine. Cette fermeture les a isolés de Dieu; elle est la raison principale du refus de Jésus par les Juifs. Ceux-ci s’attendaient à un Messie militaire belliqueux, un politicien autoritaire et un économiste génial. Or, le Messie est venu leur parler de repentir, d’amour d’autrui, non de combat armé, du mépris de l’argent, non de son importance. Il a encore expliqué le concept spirituel de l’ablution (purification physique par l’eau), du jeûne, du repos sabbatique et de la Loi mosaïque en général. Mais les Juifs fanatiques se sont cramponnés à la lettre de la Loi, non à son esprit, et refusèrent de reconnaître le Messie qui les invitait à se laver à la source des Eaux spirituelles, non matérielles, les sources du repentir, seules capables de purifier le coeur des impuretés réelles.
Voilà pourquoi Dieu nous invite dans le Coran à un sérieux examen de conscience. Ceci justifie ou condamne chacun de nous:
«Dis: Voyez-vous les biens que Dieu a fait descendre sur vous afin de pourvoir à vos besoins? Et vous, vous en avez fait des interdits et des licites. Dis: Est-ce Dieu qui vous a permis (de dire cela), ou bien avez-vous inventé contre Dieu ces mensonges? Que penseront, le Jour de la Résurrection, ceux qui forgeaient un mensonge contre Dieu? Dieu gratifie les hommes, mais la plupart d’entre eux ne Le remercient pas.» (Coran X; Jonas,59-60)
Ces versets redoutables révèlent que c’est l’homme qui, par sa sottise, a distingué, «contre Dieu», l’interdit et le permis. Que sera la réponse de chacun de nous face à cette question posée par le Coran: Est-ce Dieu qui distingue entre ce qui est permis et ce qui est interdit dans les biens que Lui-même nous dispense, ou bien est-ce l’esprit étroit des mauvais croyants qui attribuent ce mensonge à Dieu?
Par ailleurs, et de toutes manières, le Coran révèle que Dieu est libre d’effacer ce qu’Il veut dans les Livres révélés:
«Un Livre a été envoyé pour chaque époque bien déterminée. Dieu efface ou confirme ce qu’Il veut. La Mère du Livre se trouve auprès de Lui.» (Coran XIII; Le Tonnerre,38-39)
Ainsi, nous avons vu que le Messie a déclaré «purs tous les aliments» (Marc 7,19). Par la suite, à propos de tous les animaux, Dieu répéta à Pierre, par trois fois:
«Ce que Dieu a purifié, toi, ne le dis pas souillé.» (Actes 10,15-16)
Paul, à son tour, a clarifié la question du pur et de l’impur en ces termes:
«Ne va pas, pour un aliment, détruire l’oeuvre de Dieu. Tout est pur assurément…» (Romains 14,20)
Il confirme encore cette vérité à son disciple Tite:
«Tout est pur pour les purs. Mais pour ceux qui sont souillés et qui n’ont pas la foi, rien n’est pur. Leur esprit même et leur conscience sont souillés. Ils font profession de connaître Dieu, mais, par leur conduite, ils Le renient…» (Tite 1,15-16)
Le conflit entre l’interprétation littérale et spirituelle est permanent. Dieu ne nous demande pas d’avoir simplement foi en son Inspiration, mais la bonne foi: celle qui se soumet à son Intention. Dieu est esprit et désire l’élévation de notre esprit. Sans cela nous ne pourrons, quoi que nous fassions pour purifier le corps, nous élever vers Dieu. L’ablution physique fait partie des «allégories» et n’est que le symbole de la nécessité d’une purification spirituelle, mais elle est incapable de la produire. Cette purification s’obtient par la foi et les bonnes oeuvres.
Les croyants qui recherchent le sens spirituel de l’Inspiration atteindront les sommets de la vie spirituelle; par contre, ceux qui s’attachent à la lettre sont des nains mentionnés par le Coran dans le verset suivant:
«Il y a des gens qui adorent Dieu à la lettre (harf). Si un bien leur arrive ils s’en réjouissent tranquillement, si une épreuve les atteint, ils chutent sur leur face perdant ce monde et l’autre. Voilà la perdition évidente.» (Coran XXII; Le Pèlerinage,11)
Le mot «harf» en arabe a un sens premier, précis de «lettre». Or, certains traduisent ce mot par «bord» qui est le sens second. Si l’intention divine était «bord», le mot arabe plus précis aurait été «hâfat». L’intention divine vise manifestement ceux qui croient avec un esprit craintif, attaché «à la lettre» par crainte du châtiment, sans chercher à comprendre l’intention de l’Esprit Saint par amour de Dieu. Or «la lettre tue», dit l’Évangile. «C’est l’Esprit qui vivifie» (2 Corinthiens 3,6).
Comment, le croyant attaché à la lettre, peut-il ne pas «tomber» sur la tête, confus et ébranlé, lorsque deux passages d’une même inspiration sont contradictoires? En vérité, cette contradiction n’est qu’apparente et se place sur le plan de la lettre. Mais ces mêmes textes concordent au niveau spirituel et dans l’intention divine.
Ainsi, s’élever vers l’intention spirituelle est une nécessité de salut, sans laquelle on plonge dans les marais de la lettre, se souillant par l’impureté du fanatisme et de l’ignorance, comme c’est, hélas, le cas de beaucoup. Cette nécessité de s’élever à l’intention divine et au sens spirituel des textes apparaît dans deux passages sur la création apparemment dissemblable:
«… Il a créé les cieux et la terre, et tout ce qui se trouve en eux dans l’espace de six jours puis Il s’installa sur son Trône.» (Coran XXV; Al Furquan,59)
Il est question ici d’une création en six jours. Mais nous trouvons dans un autre chapitre:
«Dis-leur: Ne croyez-vous pas en Celui qui a créé la terre dans l’espace de deux jours…» (Coran XLI; Les Versets Clairements Exposés,9)
Les interprétations qui s’efforcent de concilier littéralement la création en six jours et celle en deux jours sont des interprétations comiques et fantaisistes. Elles sont des plus obscures à force de détours et de contorsions et ne parviennent pas à convaincre l’homme réfléchi, doté d’une mentalité mûre et avisée. Elles s’éloignent certainement de l’intention de Dieu dans son Inspiration.
Nous retrouvons également dans l’Ancien Testament deux histoires sur la création. Le premier récit parle de la création en six jours, où Dieu créa l’homme et la femme le sixième jour, après avoir créé les animaux et les plantes (Genèse 1). Le deuxième récit dit exactement le contraire: Dieu créa Adam d’abord; Il le plaça ensuite, seul, dans le paradis, puis créa le reste des animaux et, enfin, créa Ève d’une côte d’Adam. Le récit ne mentionne même pas un nombre de jours pour la création (Genèse 2).
Y-a-t-il donc contradiction dans l’Inspiration? Non! L’Inspiration divine ne se contredit pas: il nous faut comprendre que Dieu, par ces récits, veut simplement révéler à l’homme polythéiste l’existence d’un Créateur unique. Cette simple vérité, à elle seule, suscita la haine à l’encontre de ceux qui l’ont prêchée. Le but des textes est de révéler aux hommes la connaissance du Créateur unique et de mettre fin à la vaine adoration des idoles et au culte offert aux multiples dieux de la mythologie.
Ce Dieu unique nous invite, par la diversité des récits de la création, à dépasser la lettre et à nous élever pour atteindre l’esprit. L’important n’est pas de savoir comment l’univers fut créé, mais de savoir qu’il n’y a qu’un seul Dieu créateur à adorer. Il ne s’agit pas de satisfaire une curiosité scientifique, en recherchant dans les textes sacrés des vérités d’ordre numérique et temporel (nombre de jours de la création, etc.), mais de comprendre le message spirituel: l’Existence d’un seul Dieu et du bon moyen de l’adorer. C’est ce que l’Inspiration veut nous révéler.
1.3. La pédagogie divine dans l’Inspiration
Dieu, comme un père envers ses enfants, a toujours eu recours à la pédagogie dans l’Inspiration pour guider les croyants, les menant graduellement de là où ils se trouvent jusqu’à la maturité psychologique et spirituelle où Il les veut. Tout croyant avisé et perspicace constate que, dans le Coran, Dieu use de pédagogie envers les Arabes du VIIe siècle après Jésus-Christ. Cette même pédagogie fut appliquée par Dieu envers les Juifs et les Chrétiens dans l’Ancien et le Nouveau Testament.
Les Arabes de la péninsule Arabique ne connaissaient pas la vie spirituelle à cause de leur ignorance des vérités divines révélées. Avant l’apparition du Prophète Muhammad, ils adoraient à La Mecque plus de trois cent soixante idoles réunies dans la Quâba, monument cubique abritant la «Pierre Noire» que les Arabes croient être descendue du Ciel.
Ces dieux de la mythologie arabe mangeaient, se mariaient entre eux et procréaient. Les Arabes croyaient donc en une mythologie comparable à celle des Grecs avant la pénétration du Christianisme en Europe.
Il n’était pas possible de donner aux Arabes la plénitude de la lumière d’un seul trait, à cause de leur éloignement total de la Vérité divine. De même qu’il est impossible à l’oeil humain, demeuré longtemps dans l’obscurité, de s’ouvrir subitement à la lumière du soleil sans être ébloui, voire aveuglé, de même fallait-il donner graduellement la Lumière divine à ceux demeurés longtemps dans les ténèbres.
Dieu, selon son habitude, agit avec sagesse pour Se révéler aux Arabes non seulement «en langue arabe claire», mais aussi progressivement. Il agit comme le maître instruit son élève à l’école, le faisant passer par les classes primaires, secondaires, jusqu’aux diplômes supérieurs.
Le Créateur avait procédé pareillement avec Abraham, Moïse et les Juifs dans la Torah, ensuite avec les Chrétiens dans l’Évangile, révélant petit à petit l’essence de son Être unique et spirituel. Cette pédagogie se retrouve dans le Coran où Dieu révèle aux Arabes les vérités bibliques avec une finesse et une délicatesse infinies, comme un père éduque son enfant vers la maturité. Pour illustrer ceci, nous allons exposer deux exemples de la pédagogie divine, l’un sur les sacrifices d’animaux, et l’autre sur le mariage.
1.3.1. Les sacrifices
Du temps de Moïse, les Juifs s’étaient souillés en Égypte avec l’idolâtrie. Ils adoraient les dieux égyptiens et leur offraient sacrifices après sacrifices. Pour les éloigner de ces pratiques païennes auxquelles ils s’étaient habitués pendant plus de quatre siècles, et afin de les rapprocher graduellement du Dieu unique, Moïse, dans la Torah, leur donna un culte. Celui-ci consistait dans les sacrifices offerts, non aux dieux égyptiens, mais au Dieu unique qu’ils avaient oublié. Le but de ces sacrifices n’était pas de contenter Dieu, mais d’éloigner les Juifs de l’adoration des idoles. Ce fut le premier pas qui devait les rapprocher de la véritable adoration.
Moïse n’était ni capable d’annuler brusquement et définitivement la pratique des sacrifices, ni capable de convaincre les Juifs de leur inaptitude à obtenir la miséricorde divine. Ils ne pouvaient à cette époque-là, comprendre l’essence du repentir consistant à s’approcher de Dieu par le pardon, non par les sacrifices. Dieu permit donc ces sacrifices comme un premier pas pour les rapprocher de Lui.
Le deuxième pas eut lieu plus de cinq siècles après la sortie des Juifs d’Égypte. Dieu inspira alors à ses prophètes la vanité des sacrifices et holocaustes d’animaux, déclarant que l’unique sacrifice agréé par Lui est le sacrifice spirituel de soi-même. La vraie offrande qui plaît à Dieu, est une âme repentie qui se résigne entièrement à la volonté divine. David, le roi prophète s’adresse ainsi à Dieu dans le Psaume 51 (50):
«Seigneur ouvre mes lèvres, et ma bouche publiera Ta louange. Car Tu ne prends aucun plaisir aux sacrifices, Tu n’agrées pas d’holocauste. Le sacrifice à Dieu est un esprit repenti. D’un coeur brisé, broyé, ô Dieu, Tu n’as point de mépris.» (Psaume 51 (50),17-19)
Dans un autre Psaume Dieu dit encore:
«Est-ce donc que Je mange la chair des taureaux? Est-ce que Je bois le sang des béliers? En guise de sacrifice offre à Dieu des actions de grâces, ainsi tu acquitteras tes voeux envers le Très-Haut; appelle-Moi au jour de l’angoisse, Je t’affranchirai et tu Me rendras gloire.» (Psaume 50(49),13-15)
Dans la Bible, Dieu déclara par la bouche du Prophète Jérémie (VIe siècle avant Jésus-Christ) qu’Il n’avait jamais exigé les sacrifices et les holocaustes, mais qu’Il désirait qu’on suive ses commandements. En effet, Jérémie dit aux Juifs en ironisant:
«Ainsi parle Yahvé Sabaot, le Dieu d’Israël: Ajoutez vos holocaustes à vos sacrifices et mangez-en la chair! Car Je n’ai rien dit ni prescrit à vos pères, quand Je les fis sortir d’Égypte concernant l’holocauste et le sacrifice. Mais voici ce que Je leur ai ordonné: Écoutez ma voix, alors Je serai votre Dieu et vous serez mon peuple. Suivez en tout la voie que Je vous prescris pour votre bonheur.» (Jérémie 7,21-23)
Le prophète Michée, lui aussi, au VIIIe siècle avant Jésus-Christ, avait dénoncé la vanité des sacrifices et poursuivit en disant:
«On t’a fait savoir, homme, ce qui est bien, ce que Yahvé réclame de toi: rien d’autre que d’accomplir la justice, d’aimer avec tendresse et de marcher humblement avec ton Dieu.» (Michée 6,6-8)
Le Coran nous invite à son tour à dépasser les sacrifices d’animaux et à comprendre l’intention réelle de Dieu. Parlant des sacrifices, il dit:
«Dieu n’est touché ni par leur chair, ni par leur sang, mais il est touché par votre piété…» (Coran XXII; Le Pèlerinage,37)
En dépit de cela, nous voyons les «croyants» accourir par millions vers les lieux de pèlerinage où un nombre incalculable de moutons et autres sont offerts à Dieu qui n’est touché «ni par leur chair, ni par leur sang». Cette coutume est plutôt d’ordre social que spirituel, visant le plus souvent à plaire à une société hypocrite qui fait fi de toute vraie piété dans la vie quotidienne.
1.3.2. Le mariage
Le mariage polygamique chez les Arabes de l’Antiquité était anarchique, tout comme le divorce. Dominé par le caprice des hommes et leurs instincts, le mariage exposait la femme à la plus grande insécurité et à de nombreux dangers: le divorce étant libre, la femme ne recevait aucune indemnité. Le rôle indigne de la femme dans les harems de l’Orient arabe antique dispense de commentaire.
Le Coran vient donc, dans une première étape, restreindre le nombre des épouses et imposer une loi au divorce, en vertu de laquelle l’homme doit dédommager la femme divorcée. Le mariage est limité à quatre épouses légitimes, à condition toutefois d’être équitable envers elles, sinon l’homme doit en épouser une seule. Ici apparaît la pédagogie divine, car la limitation du mariage est en soi une grande évolution pour l’homme arabe de l’époque, évolution par laquelle étaient déjà passé les gens de la Bible. Le Coran dit:
«Si vous craignez d’être injuste envers les orphelins, n’épousez que peu de femmes, deux, trois ou quatre. Mais si vous craignez d’être injustes (envers elles), n’en épousez qu’une seule… et assignez aux femmes (épouses) leurs dots de bon gré.» (Coran IV; Les Femmes,3-4)
Il est à noter que le premier verset commence par attirer l’attention de l’homme vers les orphelins, ouvrant ainsi une voie vers l’altruisme. Ensuite, parlant du mariage, le Coran non seulement le restreint, mais impose aussi à l’homme une dot à donner à chaque épouse. D’une part, ce fait n’encourage pas la polygamie, et d’autre part, il élève le rang de la femme exigeant une dot du mari, non de la femme, tel que cela se pratiquait longtemps même en occident chrétien. Le Coran permet aux femmes de se désister librement de cette dot en faveur du mari:
«Assignez aux femmes leurs dots de bon gré, et s’il leur plaît de vous en remettre une partie, disposez-en commodément à votre aise.» (Coran IV; Les Femmes,4)
Après avoir restreint le mariage, le Coran recommande la monogamie. Reprenant plus loin le même sujet, il présente la monogamie comme le moyen unique et exemplaire d’éviter toute injustice envers les épouses:
«Vous ne pourrez jamais êtres équitables envers vos femmes, même si vous y veillez.» (Coran IV; Les Femmes,129)
Il est clair que Dieu invite l’homme, par ce verset, à la monogamie. Après l’avoir progressivement conduit de l’union déréglée avec la femme, en passant par le mariage conditionné par l’égalité envers quatre épouses, Dieu finit par lui prescrire la monogamie car il ne pourra jamais être équitable envers plusieurs épouses, «même s’il y veillait». Tout croyant sincère, qui cherche à plaire à Dieu, non à satisfaire ses propres désirs, comprendra cette pédagogie divine, s’il a mûri dans la foi.
Ainsi, c’est avec beaucoup de finesse et de délicatesse que le Créateur introduit la monogamie dans les mentalités arabes. Pourtant, la première impression, qui demeure encore prédominante chez beaucoup de Musulmans, est que la polygamie est permise par le Coran. En vérité, celle-ci n’est que tolérée jusqu’à ce que l’homme atteigne une certaine maturité psychologique et spirituelle. Dieu donne ainsi à l’homme, cette créature qu’il sait fragile, le temps suffisant pour réaliser, par l’expérience, l’importance de la monogamie pour la vie spirituelle et temporelle.
En observant la société arabe moderne, nous constatons la réussite du plan pédagogique de Dieu dans la pratique de la monogamie. Les Arabes, en grande majorité, n’ont aujourd’hui qu’une seule épouse et la polygamie est plutôt déconsidérée. Pareillement, le divorce est méprisé par la plupart des familles arabes; il constitue généralement le dernier recours dans des cas graves et sérieux. Grande est la différence entre la société islamique d’aujourd’hui et la société préislamique après le passage du souffle vivifiant du Coran.
L’Évangile, lui aussi, adopte la même attitude pédagogique vis-à-vis du mariage et du divorce: les Pharisiens qui pratiquaient librement le divorce, questionnèrent le Messie à ce propos, pour l’embarrasser:
«Est-il permis de répudier (divorcer) sa femme pour n’importe quel motif? Il répondit: N’avez-vous pas lu que le Créateur, dès l’origine, les fit homme et femme et qu’Il a dit: ainsi l’homme quittera son père et sa mère pour s’attacher à sa femme, et les deux ne feront qu’une seule chair? Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Eh bien ce que Dieu a uni, l’homme ne doit point le séparer. Pourquoi donc, lui disent-ils, Moïse a-t-il prescrit de donner un acte de divorce quand on répudie? C’est, leur dit-il, en raison de votre dureté de coeur que Moïse vous a permis de répudier vos femmes; mais à l’origine il n’en fut pas ainsi…» (Matthieu 19,3-8)
Il faut souligner l’attitude choquée des Apôtres eux-mêmes en entendant les paroles du Maître et lui dirent:
«Si telle est la condition de l’homme envers la femme, il n’est pas avantageux de se marier. Il leur répondit: Tous ne comprennent pas ce langage, mais ceux-là seulement à qui c’est donné. Il y a, en effet, des eunuques qui sont nés ainsi du sein de leur mère, il y a des eunuques qui le sont devenus par l’action des hommes, et il y a des eunuques qui se sont rendus tels en vue du Royaume des Cieux. Comprenne qui pourra!» (Matthieu 19,10-12)
Deux faits importants ressortent de cette histoire: le premier, c’est Moïse qui a permis de donner une lettre de divorce, pas Dieu. Moïse a autorisé cela comme un pas pédagogique, une concession temporaire en raison de l’immaturité psychologique des hommes de cette époque, concession qu’il fallait dépasser plus tard pour revenir à l’état d’origine voulu par Dieu, comme l’a expliqué Jésus. Mais les Juifs, attachés aux tendances humaines, se sont accrochés à la lettre de la Loi, refusant de s’élever à l’intention divine.
Le deuxième fait à retenir est que le Messie, à partir de son discours sur le mariage et le divorce, est allé plus loin, louant la chasteté de ceux «qui se sont rendus eux-mêmes eunuques pour posséder le Royaume de Dieu». Cette expression n’implique pas une opération chirurgicale ni un célibat perpétuel mais un mariage fidèle empreint de sentiments profonds et spirituels. Il ne s’agit plus d’assouvir les instincts purement sexuels, mais de les maîtriser, jusqu’à la rencontre du compagnon ou de la compagne choisi (e) par Dieu. Ils se font ainsi spirituellement «eunuques», c’est-à-dire chastes, et fidèles dans le mariage unique toute leur vie.
Le Coran, lui aussi, parle de la chasteté disant:
«Que ceux qui ne peuvent trouver un parti vivent dans la continence jusqu’à ce que Dieu les ait enrichis de sa faveur (en envoyant le conjoint ou la conjointe).» (Coran XXIV; La Lumière,33)
Les Arabes du temps de l’anarchie méprisaient la continence et la chasteté avant le mariage. Cette vertu était ignorée, voire méprisée, au point que ceux qui la pratiquaient étaient accusés de manque de virilité. C’est le cas, aujourd’hui encore, dans des pays soi-disant chrétiens.
Les enseignements coraniques ont porté leurs bons fruits dans le coeur de beaucoup d’Arabes. Le Coran est l’instigateur de l’évolution de la société islamique même si certains de ses enseignements sont restés infructueux chez beaucoup de Musulmans qui se sont fermés à l’esprit coranique. De même, l’Évangile n’a pas porté ses fruits dans le coeur de beaucoup de Chrétiens qui méprisent la chasteté et la sainteté du mariage.
1.4. L’unité de l’Inspiration
L’Inspiration dans la Bible et le Coran est une. Elle émane d’un même Dieu qui s’est révélé, manifestant Lui-même son existence dans les livres de l’Ancien et du Nouveau Testaments et du Coran. C’est cela que le Coran affirme en disant aux gens de la Bible:
«Notre Dieu et le Vôtre est Un. Et nous lui sommes soumis (Musulmans)…» (Coran XXIX; L’Araignée,46)
D’un seul Dieu émane une seule Inspiration immuable, sans falsification. Qui affirme le contraire est un blasphémateur.
Pour découvrir l’unité de l’Inspiration des versets bibliques et coraniques, il faut dépasser les expressions et les styles littéraires différents pour en saisir le sens spirituel profond, pénétrant ainsi l’Esprit de Dieu. Ayant saisi ce point important, nous pourrons alors être témoins du monothéisme, car il n’est ni logique, ni convenable de témoigner de l’existence d’un seul Dieu sans être témoin de son unique Inspiration.
Les fanatiques cherchent à diviser cette Inspiration, répandant des rumeurs visant à susciter la haine et les troubles. Les principales rumeurs sont les suivantes:
- Le Coran n’est pas inspiré par Dieu
- Le Coran abolit la Bible
- L’Évangile est falsifié
- L’Évangile se contredit à cause des prétendues différences entre les quatre Évangiles etc.
Ces calomnies n’ont aucun fondement dans le Coran. Beaucoup de savants honnêtes ont dénoncé ces rumeurs, dont feu le Cheikh Muhammad Abdo, ancien primat de la mosquée El-Azhar en Égypte. Celui-ci certifia plus d’une fois l’authenticité du texte biblique.
Pour découvrir l’unité de l’Inspiration, il faut respecter deux principes:
- Replacer l’Inspiration dans son contexte historique, géographique et social.
- Discuter par «le meilleur» des arguments comme le demande le Coran.
Les meilleures interprétations du Coran sont celles qui confirment la Bible. Telle est la «Voie Droite» (Coran I; La Fatiha,6). En revanche, les interprétations coraniques qui contredisent l’esprit biblique doivent être rejetées, car elles sont en contradiction avec le Coran qui authentifie les Écritures bibliques descendues avant Lui. Ces fausses interprétations sont le chemin tortueux que prennent «les égarés qui encourent la colère de Dieu».
1.4.1. Replacer l’Inspiration dans son contexte
Afin de comprendre une inspiration, qu’elle soit biblique ou coranique, il faut connaître le prophète auquel Dieu a inspiré le message, la raison pour laquelle ce message a été donné, ainsi que son contexte social et historique. En effet, Dieu dit dans le Coran:
«Nous envoyâmes chaque prophète s’exprimer dans la langue de son peuple afin de l’éclairer.» (Coran XIV; Abraham,4)
C’est pourquoi, il faut connaître le peuple, le temps, la langue de tout prophète et la société dans laquelle il fut envoyé ainsi que le contexte historique pour comprendre la portée du message inspiré.
Dans le cas du Coran, l’Inspiration fut donnée dans la péninsule Arabique, pour informer ses habitants de l’existence d’un Dieu unique et de l’inexistence de leurs dieux mythologiques. Le Coran annonce aux Arabes que ce même Dieu s’est fait connaître auparavant aux gens de la Bible et que, par le Coran, Il se présente à eux et leur présente cette Bible en «langue» ou «lecture arabe claire», afin qu’ils suivent le même chemin que leurs prédécesseurs (Juifs et Chrétiens):
«Dieu veut vous expliquer clairement ses volontés et vous guider dans le chemin de ceux qui vous ont précédés…» (Coran IV; Les Femmes,26)
Le chemin de l’Islam est donc celui de la Bible. Aussi, Dieu invite les Arabes à croire non seulement au Coran, mais encore à la Bible. Ici se manifeste l’unité de l’Inspiration:
«Croyez en Dieu, en son apôtre (Muhammad) au Livre qu’Il lui a envoyé (le Coran), et aux Écritures descendues avant lui (la Torah et l’Évangile).» (Coran IV; Les Femmes,136)
Croire en la Bible et au Coran est une condition à la foi monothéiste et à la réalisation de l’unification de l’Inspiration. C’est en croyant à l’authenticité de la Bible que nous découvrons l’interprétation correcte du Coran, puisque celui-ci atteste l’authenticité de la Bible.
Comment certains prétendent-ils donc que la Bible, et particulièrement les Évangiles, sont falsifiés, alors que le Coran lui-même dit explicitement le contraire? En effet, le Coran signale:
«Ceux à qui nous avons donné le Livre (la Bible), le lisent correctement. Ceux-ci y croient, et ceux qui n’y croient pas seront voués à la perdition…» (Coran II; La Vache,121)
Notre croyance en l’unité de l’Inspiration divine et en sa protection par Dieu nous impose une foi dans la Bible et le Coran qui en émane. Les adeptes de la falsification de la Bible contredisent le Coran. En effet, comme nous venons de voir, Dieu dit:
«Ceux qui n’y croient pas seront voués à la perdition.» (Coran II; La Vache,121)
Nous attirons l’attention du lecteur sur le fait que le Coran témoigne en faveur de la lecture «correcte» de l’Évangile, c’est-à-dire «comme il a été inspiré», selon l’interprétation coranique du «Jalalein». Le fait que le prophète arabe Muhammad ait toujours eu recours à «ceux qui lisent les Écritures» (la Bible), lorsqu’il doutait de sa mission, augmente encore notre foi et notre attachement à ces Saintes Écritures. Dieu le guidait Lui-même vers «les gens de la Bible»:
«Si tu es (ô Muhammad) dans le doute sur ce qui t’a été envoyé d’En Haut, interroge ceux qui lisent les Écritures envoyées avant toi. La vérité de la part de Dieu est descendue sur toi: ne sois pas de ceux qui doutent.» (Coran X; Jonas,94)
Nous avons essayé de nous suffire du Coran dans notre recherche de la Vérité, mais celui-ci nous incite à nous référer à l’Évangile disant:
«Dis: Ô gens du Livre (Bible): Vous ne vous appuyez sur rien, tant que vous n’observez pas la Torah et l’Évangile.» (Coran V; La Table,68)
À partir du témoignage du Coran en faveur de la Bible, nous nous sommes fixés pour objectif de manifester l’unité de l’Inspiration dans ces deux Livres inspirés. Nous nous sommes efforcés sans relâche de trouver le point de rencontre entre le Coran et la Bible et, grâce à Dieu, nous y sommes parvenus.
1.4.2. La discussion par le «meilleur» des arguments
Au cours de notre étude, nous sommes parvenus à la conclusion suivante: toute interprétation coranique contraire à la Bible s’oppose à l’esprit du Coran et doit être écartée, puisque le Coran vient confirmer la Bible et non la contredire.
Dans le Coran se trouvent 15 versets qui révèlent que le Coran fut inspiré pour confirmer la Bible. En voici deux exemples:
«Croyez à ce que J’ai révélé confirmant ce que vous avez déjà reçu (Bible).» (Coran II; la Vache,41)
(Voir aussi Coran II; la Vache,89,91,97,101)«Il a fait descendre sur toi le Livre, en toute vérité, confirmant ce qui était avant lui (Bible), et Il fit descendre la Torah et l’Évangile auparavant comme orientation salutaire pour les hommes…» (Coran III; la Famille d’Imran,3)
(Voir aussi Coran III,81 / IV;47 / V;48 / VI;92 / X;37 / XII;3 / XXXV;31 / XLVI;12,30)
Notre ligne de conduite s’inspire du commandement coranique lumineux: «Discuter par le meilleur» des arguments (Coran XXIX; Araignée,46). Or le «meilleur» des arguments est celui qui démontre que le Coran confirme la Bible et réside dans la découverte de l’unité de l’Inspiration biblico-coranique. Telle est la «Voie Droite» des élus (Coran I; La Fatiha,6), et «l’Anse la plus solide» (Coran II; La Vache,256). Aussi, nous nous sommes efforcés de traiter les sujets avec amour et la plus grande circonspection afin de ne pas tomber dans le piège des controverses par le pire des arguments, comme beaucoup le font. Ceux-ci sont responsables de l’éloignement de beaucoup de personnes du Coran en raison de leurs comportements insensés et fanatiques. Ils défigurent le vrai visage et la pureté de l’Islam et portent la responsabilité du détournement des âmes et de la division des rangs. Ils auront à répondre de leur attitude coupable le Jour du Jugement devant le Trône de Dieu, s’étant lancés dans le chemin tortueux que prennent «les égarés qui encourent la colère de Dieu».
1.5. Commentaire
Le Coran répète avec force le commandement biblique adressé aux gens de la Bible, Juifs et Chrétiens, de répandre la connaissance de la Bible et non de l’étouffer:
«Lorsque Dieu contracta l’Alliance avec ceux auxquels le Livre (Bible) a été donné, Il leur commanda: ‘Vous l’expliquerez aux hommes, vous ne le garderez pas caché, mais ils l’ont rejeté derrière le dos; ils l’ont vendu à vil prix. Quel détestable troc!’» (Coran III; la Famille d’Imran,187)
Les chefs des peuples de la Bible négligèrent de répandre sa Lumière divine. Ils gardèrent le message divin hermétiquement fermé, inexpliqué, tant et si bien que le peuple croit aveuglément, sans comprendre les raisons de sa foi, ignorant les prophéties et même l’existence de celles-ci. Le Coran, bien sûr, après la Bible, condamne ces guides responsables traîtres, Juifs et Chrétiens, et révèle leur négligence.
Toutefois, que penser des chefs musulmans et arabes qui exilent la Bible hors de leurs frontières tandis que le Coran, fort heureusement, est accueilli partout? Le Coran exige pourtant, d’eux aussi - et ils sont supposés le savoir - que le Message biblique aussi soit clairement révélé partout et à tous les hommes et répandu dans le monde entier, menaçant ceux qui en étouffent la Lumière des pires châtiments:
«Ceux qui cachent les Signes manifestes et l’orientation salutaire que nous avons révélés aux hommes dans le Livre, ceux-là Dieu les maudit et les maudissent ceux à qui il est donné de maudire.» (Coran II; la Vache,159)«Ceux qui cachent ce que Dieu a révélé du Livre et qui le troquent à vil prix, ceux-ci n’avaleront dans leurs entrailles que le feu. Dieu ne leur parlera pas le Jour du Jugement, Il ne les purifiera pas. Un châtiment douloureux leur est réservé.» (Coran II; la Vache,174)
Tout autre commentaire est superflu.